Au moment ou l'on commémore, à Ajaccio, avec pompes et apparats , la naissance de " Napoleone Buonaparte ", rendons à Napoléon ce qui est à Napoléon....

 

 

 

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Lucien Bonaparte, frère de Napoléon, écrivant à son frère Joseph Bonaparte le 24 juin 1792 :

« J’ai toujours démêlé dans Napoléon une ambition pas tout à fait égoïste, mais qui surpasse en lui son amour pour le bien public. Il me semble bien penché à être tyran et je crois qu’il serait bien s’il fût roi que son nom serait, pour la postérité et le patriote sensible, un nom d’horreur. »

 

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« Oui, Bonaparte a rétabli l’esclavage en 1802. Oui, il a rétabli la traite abolie par la Convention en 1794. Oui, il a interdit les mariages mixtes et l’accès du territoire métropolitain aux gens de couleur. Oui, il a dépêché aux Antilles plusieurs expéditions militaires dont certains chefs se sont livrés, notamment en Guadeloupe, à une brutale répression. » écrit Thierry Lentz, spécialiste de Napoléon et auteur d’une Nouvelle histoire du premier Empire, réagissant à la publication du pamphlet de Claude Ribbe, « Le crime de Napoléon ». N’en déplaise à Lentz, Ribbe a raison d’écrire que Napoléon était « misogyne, homophobe, antisémite, raciste, fasciste, antirépublicain ».
Selon Claude Ribbe, face à la résistance des citoyens français qu'on voulait mettre en esclavage au motif qu'ils étaient dans cette situation avant le soulèvement d'août 1791, Leclerc décida d'exterminer la population de Saint-Domingue au-dessus de douze ans selon un critère « racial », utilisant notamment le gazage au dioxyde de soufre, les noyades et l'usage de chiens dressés. L'auteur estime le nombre de victimes à plusieurs dizaines de milliers.

Claude Ribbe, s'appuyant sur de nombreux témoignages inédits, met également en évidence les déportations en Corse et à l'île d'Elbe qui accompagnèrent ces massacres et la mise en œuvre, sur le territoire français métropolitain, d'une législation raciale qu'il met en comparaison avec les lois de Nuremberg. L'armée fut épurée de ses officiers de « couleur » et les mariages « mixtes » furent interdits, en contradiction avec les dispositions du code civil. Claude Ribbe souligne que Claude Ambroise Régnier, ministre de la Justice et auteur de cette initiative, dictée par Napoléon, est au Panthéon.

 En 1797, Napoléon organise personnellement une expédition massive pour détrôner et éliminer Toussaint Louverture, général noir et gouverneur d’Haïti proclamé par la révolution des esclaves. Voilà pourquoi deux flottes font voile vers les Antilles, Leclerc, propre beau-frère de Bonaparte, vers Saint-Domingue avec 20 000 hommes et Richepanse vers la Guadeloupe avec 3 400 hommes. Ces chefs sont munis d’instructions secrètes fort explicites rédigées de la main même de Bonaparte. Ils doivent prendre le contrôle militaire des deux colonies et désarmer les officiers indigènes avant de rétablir l’esclavage.
Le général Rochambeau chargé par Napoléon Ier de reconquérir Haïti écrit au général Ramel le 15 germinal 1803 :

« Je vous envoie, mon cher commandant, un détachement de cent cinquante hommes de la garde nationale du Cap, commandés par M. Bari, il est suivi de vingt-huit chiens bouledogues. Ces renforts vous mettront à même de terminer entièrement vos opérations. Je ne dois pas vous laisser ignorer qu’il ne vous sera passé en compte aucune ration, ni dépense pour la nourriture de ces chiens. Vous devez leur donner des nègres à manger. Je vous salue affectueusement. »



Les libertés d’expression, de réunion, de circulation et de presse sont supprimées au profit d’un état autoritaire et d’une surveillance très accrue de la population, orchestrée par Fouché. L’égalité proclamée dans le Code civil n’est pas respectée : la femme dépend de son mari ; les patrons ont un très grand pouvoir sur les ouvriers, le livret ouvrier les réduisant à être des quasi-serfs ; l’esclavage est rétabli dans les colonies ; les fonctionnaires sont privilégiés en matière de Justice… Ensuite, l’instauration des préfets, qui sont l’équivalent des intendants, la création du conseil d’État, équivalent du conseil du roi, d’une nouvelle noblesse basée sur la notabilité, les faux plébiscites organisés (des votes sont inventés, il n’y a pas de secret de vote, on ratifie un fait déjà accompli…) font redouter le pire aux jacobins.

Finalement, en devenant tour à tour Premier Consul, consul à vie puis empereur, il en finit avec la République. Il battit les puissances féodales de l’Europe et l’Angleterre bourgeoise et commença à édifier un empire. Mais il se heurta aux peuples espagnol et russe qu’il ne put conquérir.

- Une fois empereur, il utilise volontiers la répression : villes pillés et brûlés, exécutions sommaires. L’espionnage, les manipulations, les complots et les dénonciations systématiques sont courantes. Cela se termine par des exécutions (peine de mort), des exiles, des travaux forcés ou des emprisonnements selon l’humeur de l’Empereur. La police napoléonienne est la mère de ces polices totalitaires qui fleuriront au XXe siècle. La police emploie la torture (par exemple dans la division confié à Bertrand). La population est surveillée par des « mouchards » (un réseau d’espions et des proches du dictateur). Des provocations policières sont organisées pour permettre d’éliminer des opposants (ils sont guillotinés) ; par exemple « la conspiration dite des poignards » du 10 octobre 1800, est un piège de la police. Les libertés sont bafouées et la justice est très répressive. Les supplices existent : marquage au fer rouge, amputation, le fouet, la bastonnade, etc.


Les guerres causées par l’appétit de conquête impériale de Napoléon, ont cependant un sinistre bilan :

• 2 500 000 de morts militaires en Europe

• 1 000 000 de morts civiles dans le reste de l’Europe et dans les colonies « françaises ».

 

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Napoléon et la Corse

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Loyaliste dans une France qu'il n'aime pourtant pas ("féroces et lâches, les Français joignent aux vices des Germains ceux des Gaulois. Ce sont des gens de naissance abjecte et c'est le peuple le plus hideux qui ait jamais existé"-lettre à Goubico, greffier des Etats de Corse), séparatiste en Corse, tantôt de gauche, tantôt de droite selon les circonstances, Napoléon n'est qu'un opportuniste et un ambitieux sans aucune loyauté, un intriguant jouant un double jeu. En 1792, il parviendra cependant à se faire élire lieutenant colonel de la garde nationale en obtenant 522 voix alors qu'il n'y a que 492 inscrits !
Ecarté par Paoli qu'il trahira à son tour (comme l'avait déjà fait son père) en le faisant dénoncer à la convention par son frère Luciano  le 11 juin 1793,

( Ce qui fera dire au vieux général Paoli : " Questo birbone, questi figli di Carlo, nés dans la fange du despotisme, élevés aux frais du pacha Marbeuf, maintenant associés aux brigands des clubs, aux massacreurs de septembre..."),

  Napoléon est contraint de s'enfuir  après l'épisode de Bocognano et le saccage de sa maison par les Paolistes. Il ira tenter sa chance sur le continent et la révolution lui ouvrira les bras en le transformant en général Vendémiaire. La Corse deviendra pour lui, l'objet d'une rancune permanente et incurable.


Il écrira plus tard à Salicetti ces mots regrettables: "... J'ai donné, citoyen commissaire, l'ordre qu'on arrête le citoyen Panatieri, secrétaire de Paoli. Cet intriguant prônait encore en Corse le nom de Paoli qu'il est de l'intérêt des amis de la république et de la liberté d'effacer du souvenir des Corses...". (De Vérone, lettre du 26 octobre 1796).


A partir de ce moment Napoléon dévoilera sa véritable personnalité. Opportuniste, ambitieux, arrogant et mégalomane, il sera l'homme qui provoquera, à l'instar d'Hitler, le plus épouvantable génocide de tous les temps (les fours crématoires en moins).
La France perdra près de deux millions d'hommes dans les différentes campagnes engagées par le dictateur. Celui que la France appellera l'ogre a tout au long de ses dix huit ans de pouvoir suprême,  supprimé toutes les libertés publiques, censuré la presse, rétabli la peine de flétrissure, emprisonné, massacré, torturé, pillé, énoncé des lois anti-juives, rétabli l'esclavage aux Antilles et organisé entre 1802 et 1814, le génocide et la déportation en Corse (qu'il aurait voulu transformer en colonie si son frère Lucien ne s'y était opposé) de plus d'un demi millier de forçats Haïtiens et Guadeloupéens soupçonnés de révolte contre la France. Ces hommes serviront majoritairement de main d'oeuvre bon marché à l'assèchement des marais, à l'ouverture du cours Sainte Lucie (futur cours Napoléon) à Ajaccio et à la construction de la route principale (dénommée route royale puis route impériale) d'Ajaccio à Bastia.


Après le Directoire, le coup d'Etat du 18 brumaire de l'an VIII (9 novembre 1799), transforme la France en dictature (le Consulat) puis en monarchie Impériale (l'Empire).
Le 09 avril 1797, Napoléon écrit à l'exécutif du Directoire la lettre suivante: " Pour que la Corse soit irrévocablement attachée à la République, il faut:

1°- Y maintenir deux département (mais il fera le contraire);

2°- N'employer dans les places à la disposition du gouvernement aucun Corse;

3°- Choisir une cinquantaine d'enfants et les répartir dans les différentes maisons d'éducation de Paris."


Le 15 décembre 1800, il écrit à Miot: " Vous commencerez par instituer votre tribunal extraordinaire et vous ferez juger et exécuter (donc sans jugement) tous ceux qui seront détenus dans les prisons d'Ajaccio comme assassins, voleurs ou provocateurs à la rébellion. Vous donnerez l'ordre à 60 gendarmes du Golo et à 100 gendarmes du Liamone de se rendre à Tallano avec le chef de brigade de gendarmerie et 600 hommes de ligne et, s'il était nécessaire, vous ferez marcher les colonnes mobiles des gardes nationales... On brûlera les maisons des principaux rebelles...".

Napoléon devient alors le bourreau d'un peuple et d'une île qui l'a vu naître en donnant à Morand tous pouvoirs pour lui permettre d'exercer sans limites une féroce répression. Ce dernier arrive en Corse en 1801 pour y faire régner la terreur: Des villages sont incendiés, les populations sont massacrées ou emprisonnées, les parents des rebelles sont exécutés froidement ou pendus. En 1808, dans le Fiumorbu, 167 habitants de la commune d'Isulacciu sont arrêtés et enfermés dans l'église  avant d'être conduits enchaînés à Bastia: 146 sont emprisonnés à Toulon et n'en sortiront que morts, 26 sont emprisonnés dans la citadelle et 9 sont fusillés.
L'année suivante 29 personnes sont arrêtées à Ajaccio et jugées sommairement: 11 sont acquittées, 4 sont condamnées à la déportation à vie, les autres sont mises à la disposition du général Morand qui sous la pression des élus finit par être rappelé en 1811. Il sera remplacé par Berthier dont les méthodes et les exactions se révèleront identiques à celles de son prédécesseur.
En 1804, l'édition du code civil, "oeuvre" particulièrement misogyne, placera la France au rang des pays les plus arriérés de la planète.
En 1809, l'invasion des états pontificaux vaudra même à Napoléon d'être excommunié par le pape Pie VII.
Le 12 avril 1814, à Fontainebleau, alors que son Empire s'est effondré, Napoléon tente de se suicider en avalant une fiole de poison mais il ne peut éviter son exile à l'île d'Elbe.

Pourquoi cet homme, qui de nos jours serait traduit devant la cour pénale internationale pour crimes de guerre contre l'humanité  (  Le 25 mai 1796 à Binasco il donne l'ordre à Lane de brûler le village. Le 26 mai 1796 à Pavi, tous les membres de la municipalité sont fusillés, il donne l'ordre de tirer au canon sur 10000 paysans qui fuient dans les rues de la ville, l'armée est autorisée à se livrer au pillage. A Faenza, à Imola, à Verone, de féroces répressions s'ensuivent également : "Tous village où l'on aura sonné le Tocsin sera sur le champs anéanti". Le 07 mars 1799 à Jaffa, il fait froidement fusiller et achever à l'arme blanche 3000 prisonniers Albanais et assassiner plus de 200 soldats Français victimes de la peste, etc...)  , qui au cours de ses différentes campagnes s'est également transformé (comme Hitler) en véritable pilleur d'oeuvres d'art dont un grand nombre sont venues enrichir la collection personnelle de son oncle le Cardinal Joseph Fesch, qui a laissé la France complètement ruinée et appauvrie et qui après y avoir installé un régime totalitaire dont Hitler et bien d'autres dictateurs se sont inspirés, est-il devenu une légende, un mythe?... Les mensonges répétés de l'histoire qu'on nous enseigne à l'école et dans les livres, masquent parfois des vérités honteuses. Chateaubriand disait que quand un homme était devenu fameux, on lui composait une enfance et une vie de légende et Victor Hugo écrivait que l'histoire se tait volontiers sur le côté gênant des faits : "Il serait temps que l'histoire entra dans la voie des aveux".

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http://www.corsicamea.fr/personnages/05_napoleon.htm

 

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napo

Oeuvre Jean-Auguste-Dominique Ingres