Il y a ce train têtu qui avance
à travers les paysages,
à travers la foule.

Quelques arrêts pour laisser
  monter un fol
pour ajouter un tiroir,
une lettre, une musique.

Il y a les autres qu’on laisse
au bord de la voie
ceux qui nous disent
on vous rattrapera

et ceux qui n’en peuvent
plus, qui se couchent sur le
talus, font un signe avec la
main   résignés.

Il y a ces souvenirs qui
disparaissent, déposés sur
le quai, estampillés révolus.
Alléger poursuivre aller
de l’avant vers un horizon
qu’on ignore
pas toujours plus beau
pas toujours nouveau

et tant pis si nous ne
regardons pas le défilé des
images aux fenêtres : elles
sont un trésor ténu à saisir
au vol, cartes fantoches
d’un jeu de mémory.

Il y a la locomotive conduite
par le vent,
les wagons couverts
de graffitis dessins
mots d’amour ou de haine
tapis d’herbes folles.

Dans des valises en carton
des choses minuscules
que nous avons aimées
des sons chansons
parfums
tous ces petits bonheurs
 indéchiffrables.

 

 

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LUCIE PETIT

 

 

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Maria Guilbert

Oeuvre Maria Guilbert