Te voir nue c'est se rappeler la terre.
La terre lisse, dégagée de chevaux,
la terre sans roseaux, forme pure
fermée à l'avenir : confins d'argent.

Te voir nue c'est comprendre l'envie
de la pluie à la recherche d'une taille fragile,
ou de la fièvre de la mer à l'immense visage
sans trouver la lumière de sa joue.

Le sang sonnera dans les alcôves,
et viendra avec l'épée flamboyante,
mais tu ne sauras où se cache
le cœur du crapaud ou la violette.

Ton ventre est une bataille de racines,
tes lèvres sont une aube sans contour,
sous les roses tièdes du lit,
les morts gémissent, attendant leur tour.

 

 

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FEDERICO GARCIA LORCA

 

 

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joseph henri lebasque2

Oeuvre Joseph Henri Lebasque