La voix déchirée des lunes
dérive sur les continents
face aux mémoires englouties
et s’éteint dans la nuit des pierres


Tout est silence.


Elle regarde les oiseaux aux mains coupées
leurs fissures déshéritées, le sol gris
la cendre du sens.


Il ne se passe rien
Quand un monde se meurt.


Tout est dans le chant absent.


...



Sommes-nous certain de demeurer
vivants
égarés sur les récifs de ce temps ?

Il y a ici-bas un arbre dressé
les bras en croix
et une perle clouée, crucifiée.

Il y a ici-bas, la trace argentée
des racines, la rosée
et pourtant

Sommes-nous certains de demeurer
vivants
échoués contre l'écluse de l'Absent ?

 

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MATTHIEU BAUMIER


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ANTOINE MOZZICONNACIA2

Couvent San Francescu

Photographie Antoine Mozziconacci

Ruglianu