mardi 5 septembre 2017

LENTEUR ET PLAISIRS DE LA PROMENADE, LA LIBERTÉ DE L'ÂNE...Extrait

 Sur les chemins ombragés de l'été, parsemés de tendres chèvrefeuilles, avec quelle lenteur nous avançons ! Moi, je lis, ou je chante, ou lance des poèmes au ciel. Et Platero mordille l'herbe rare des haies à l'ombre, la fleur poussiéreuse des mauves, les épines-vinettes jaunes. Il est plus de temps arrêté qu'en train d'avancer. Mais je le laisse...   .   "Por los hondos caminos del estío, colgados de tiernas madreselvas, ¡cuán dulcemente vamos! Yo leo, o canto, o digo versos al cielo. Platero mordisquea la hierba... [Lire la suite]

mardi 5 septembre 2017

MARIO BENEDETTI

Chaque fois qu'ils nous donnent des cours d'amnésie comme s'ils n'avaient jamais existé les yeux combustibles de l'âme ou les lèvres de la peine orpheline chaque fois qu'ils nous donnent des cours d'amnésie et nous pressent d'effacer l'ivresse de la souffrance je suis convaincu que ma région n'est pas le divertissement d'autres   dans ma région il y a des calvaires d'absence des souches futures/des banlieues de deuil mais aussi des candeurs de hanche des pianos qui tirent des larmes des cadavres qui regardent... [Lire la suite]
mardi 5 septembre 2017

REVEILLES TOI AMOUR

Bonjour buon giorno guten morgen réveille-toi amour et prends note uniquement dans le tiers monde quarante mille enfants meurent par jour dans le placide ciel dégagé flottent les bombardiers et les vautours quatre millions d'êtres ont le sida la cupidité dépouille l'Amazonie   buenos dias good morning réveille toi sur les ordinateurs de la grand mère ONU on ne peut plus mettre plus de cadavres du  Rwanda les fondamentalistes décapitent des étrangers le pape prêche contre les préservatifs  Havelange... [Lire la suite]
mardi 5 septembre 2017

LES MOTS EN TROP

 Par perfidie, j'ai décidé en ce jour, mardi 24 juin, d'assassiner quelques mots. L'Amitié est condamnée au bûcher, pour hérésie; la potence convient à l'Amour, pour illisibilité; et la vile garrotte ne serait pas mal pour l'apostasie de la Solidarité; la guillotine, comme l'éclair, doit frapper la Fraternité; la Liberté mourra lentement et avec douleur, la torture est son destin; L'Egalité mérite la pendaison pour s'être prostituée dans les pires bordels: l'Espoir est déjà mort: la Foi subira la chambre à gaz; le... [Lire la suite]
mardi 5 septembre 2017

LA CHUTE...Extrait

Les hommes ne sont convaincus de vos raisons, de votre sincérité, et de la gravité de vos peines, que par votre mort. Tant que vous êtes en vie, votre cas est douteux, vous n'avez droit qu'à leur scepticisme. Alors, s'il y avait une seule certitude qu'on puisse jouir du spectacle, cela vaudrait la peine de leur prouver ce qu'ils ne veulent pas croire, et de les étonner. Mais vous vous tuez et qu'importe qu'ils vous croient ou non : vous n'êtes pas là pour recueillir leur étonnement et leur contrition, d'ailleurs fugace, pour assister... [Lire la suite]
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mardi 5 septembre 2017

UNE VIE BOULEVERSEE...Extrait

... En moi un immense silence, qui ne cesse de croître. Tout autour, un flux de paroles qui vous épuisent parce qu'elles n'expriment rien. Il faut être toujours plus économe de paroles insignifiantes pour trouver les quelques mots dont on a besoin. Le silence doit nourrir de nouvelles possibilités d'expression. ...   .   ETTY HILLESUM     .
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mardi 5 septembre 2017

ENTRE LA PIERRE ET LA FLEUR

Au lever du jour, nous nous éveillons pierres.  Rien, sinon la lumière. Il n'y a rien sinon la lumière contre la lumière.   La Terre : paume d'une main de pierre.   L'eau silencieuse dans sa tombe calcaire.  L'eau encerclée, humble langue humide qui ne dit rien.  La terre élève une vapeur. Des oiseaux sombrent volent, boue ailée.  L'horizon : tous ces nuages dévastés.  Une plaine énorme, sans rides.  L'Henequen, indice vert, divise les espaces terrestres. Le ciel déjà sans lisières. ... [Lire la suite]
mardi 5 septembre 2017

CANDLES IN BABYLON...Extrait

L'un après l'autre ils tombent, s'en vont- tous ceux qu'on désirait vraiment garder. Etres. Choses qui furent plus que choses. Le chien, le chat, la poupée à la robe de soie, le canif rouge : ceux-là furent les premiers à partir. Puis père, mère, sœur , frère, femme et mari. Maintenant l'enfant. L'enfant a grandi, l'enfant est parti, l'enfant a dit, Ne me touchez pas, ne m'appelez pas, vos lumières se sont éteintes, Je ne vous aime pas, Ne vous aime plus. De loin l'enfant jette son ombre longue : il fait noir. Et ils sont petits. Le... [Lire la suite]
Posté par emmila à 09:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]