Prenez-garde animaux à poils et à plume, la chasse, aujourd’hui est ouverte !
Sachez que les chasseurs ne chassent que par plaisir et non par faim, et n’ont donc pas de limites à vous trucider.
La chasse est la rencontre nauséabonde de la mort d’un être et du petit plaisir malsain d’un individu qui tue, non pour se nourrir, pour se protéger, pour faire de l’argent ou par accident, mais pour jouir de la prérogative de donner la mort.
Le chasseur traque, fusille, piège par jeu, et abaisse ainsi l’homme à un degré de cruauté dégradant.
Comment les reconnaitre, me demandez-vous ?
Je ne sais pas.
Certains paraissent anonymes, simples passants à travers champs ou forêts.
D’autres, plus faciles à identifier, sont gros, en forme de poire, le visage bien carré, sanguin, cramoisi, rougeaud, le ventre bien en avant, les oreilles détachées, toujours vêtu kaki.
Les chasseurs vous diront qu'ils régulent la Nature. Ils ne cherchent qu’ à défendre leur joujou de la communion avec la nature, le fusil à la main.
Leur sens esthétique est tel qu’ils jouissent d’admirer le bel oiseau suspendre son vol et s’offrir en vrille au chien qui l’attend.
C'est en totale violation démocratique qu'un influent lobby de chasseurs phagocyte un quarteron d'hommes politiques contraints à la génuflexion. Election oblige !
Montaigne écrivait « Je hais entre autres vices, la cruauté, et par nature et par jugement, comme l'extrême de tous les vices : mais c'est jusque à telle mollesse, que je ne vois pas égorger un poulet sans déplaisir, et entends impatiemment gémir un lièvre sous la dent de mes chiens, quoique ce soit un violent plaisir que la chasse. »

 

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Emile Eymard

 Le bois vert et la cendre

 

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Zone-naturelle-protégée