Je suis l’amour dans la poussière des routes, mon esprit
n’a que lavandes et embruns pour sentiers.
Je suis l’amour comme vous. Vous savez, lorsque l’on
se choisit  pour se dire ce que nous n’avons encore dit
à personne.
Vous savez que je suis l’amour comme vous, alors
 pourquoi le fer et le fiel


...



Nous sommes l’amour inhérent.
Je me rafraîchis aux ombres claires, à l’eau du cœur,
à la fraîcheur de l’alliance.
Avec toi, rive. D’où l’on peut encore s’inventer l’amour
du prochain, le jaune du citron, le hâle des seins
et des reins, l’espoir et ses motifs de pampres.
Ma rive inhérente, où le poème est encore de la brume
sur la cime. Et c’est très bien.


...

 


Le parcours du poème n’est pas de se réduire à une secrète recherche d’harmonie,
 ni de consigner le malheur, ou s’adonne à la fuite de ce qui nous désespère.
 En poésie, il y a ce mur couvert de lierre,
 ou cette branche esseulée qui porte encore le poids des fruits,
 ou cette rosée des yeux,
ou cette blancheur incantatoire du chemin
 où nous marchons sans jamais cesser de nous retourner,
 ou ce parfum de fleurs balbutiantes, tout cela qui participe de notre présence
 au monde, parmi le clair et l’abrupt.

Alors pour quelle raison écrire, si ce n’est pour alléger la lumière et que les mots s’effacent.

 

 

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NATHALIE RIERA

" Puisque beauté il y a "

éd. Lanskine, 2010 in Elegeia et autres chants de soleil (Carnet de campagne I)




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nath