Je dirai un jour prochain la haute magie des maisons de terre
Je dirai leur charme naturel
Je dirai leur climat
Je dirai leur douceur de rosée
Je dirai la grande rosace
Et sa fraîcheur termitière
Je dirai la région divine en elles


ni poux
ni belles
ni poubelles
ne vicient
l’air
du bon dieu

 

Car des bondieuseries occupent nos têtes
Mais le paysage n’en a cure
Il n’est même pas païen
Il n’est même pas chrétien
Et pas même musulman
Il est infini à la mesure
De l’amour qui nous consume

Vivre savamment
Mourir avec le sourire
Quelle rime triste
J’éclaterai ma tête contre leurs bons mots
Eux qui m’ont dépouillé de tout espoir
De toute quête
De toute métaphore

La poussière l’océan les étoiles
Ulysse Aladin Niels
Les rivages les côtes l’horizon me sont refusés à jamais
On ne me dira même pas Juif errant
Ni coolie indien ni sale Chinois
Je suis la dernière figure de l’homme
Je suis le trépassé de Lampedusa
Je suis le fusillé de Ceuta et de Melilla
Je suis le naufragé de Gibraltar de Malte de Sicile
Je suis le vendeur à la sauvette de Rome de Venise
De New York et du Trocadéro
Je suis la manière noire de Vienne

Je
suis
la
der
nière
fig
ure
de
l’hom
me

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NIMROD

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Bahram Dabiri

Oeuvre Bahram Dabiri