lundi 25 septembre 2017

MER / MARE

Je marche sur mes eaux de femme.Je t’expliquerai qu’il y a une mer saléeet une mer pleine d’amour.La ligne de démarcation a été ma poésie.Avec elle j’ai divisé les mystères de la meret mon propre mystère.Cependant j’ai compris que dans les petites choses,comme ma modeste maternité,il existe des mers infinies.Où s’alternent seiches et larmes,des choses jamais vues et grandeur de Dieu.Et j’ai compris que la poésie est inutile.Comme la beauté de la mer,si on ne pense pas à qui l’a crééequi est un grand mystère.    .   ... [Lire la suite]
lundi 25 septembre 2017

FEMME

FemmeAu désert nu des précipices,Déroule les vieilles sagessesEt cours, cours à la mesure de tes cicatricesAvant toute victoire il te faudracourirAvant de te poser sur une feuille d'angedans la neige et le vent sur des plages orangesBras ouverts, comme des ailes dans un éclair d'oiseaux pressésà la lune au silence des pluiesSur les canaux de feu où danse un peuplierSur un ciel bleu comme un dieu de bohème.Aime, cours, de toute ta chair, de toute ton âme,FemmeAu plus secret des roses, aux empreintes barbares,emperlée des sortilèges... [Lire la suite]
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lundi 25 septembre 2017

LE BONJOUR ET L'ADIEU...Extrait

... Que l’innocence demeure qu’il lui soit donné de pouvoir se perdre dans l’inutilité de ce monde qu’elle soit suffisamment forte pour oublier de le clamer que dans son silence où elle éclaire il n’y ait pas d’obstacle à son silence qu’elle soulève ce monde las et danse dans sa poussière que son sourire de fleur soit à jamais inscrit sur mes lèvres lorsqu’elles deviendront givre qu’elle soit l’innocence à jamais. Que d’aucuns puissent s’en saisir qui voudront sauter hors du bourbier ...   .   PIERRE-ALBERT JOURDAN ... [Lire la suite]
dimanche 24 septembre 2017

PATRICK CHEMIN...EXTRAIT

C'était un collecteur de mots. Il allait par les rues du village et devant chaque porte demandait des phrases, des images, des silences. Oui des silences car il pensait que les mots étaient posés dans le vase des silences. Il allait dans les jardins et caressaient les plantes et susurrait des secrets aux différentes fleurs. C'était un secret différent pour chacune. Il était amoureux des ruisseaux et à chaque période de l'année il comparait leurs courants aux variations de la parole. Et parfois la sécheresse le faisait tantôt pleurer... [Lire la suite]
dimanche 24 septembre 2017

C'EST LA PLUS JEUNE FEE

Blonde et blanche, de lis ou de lilas coiffée,Elle passe dans l'air, ou sur les romarins et les renoncules.Le sillage argenté de son char minusculeLaisse deux tourbillons d'éclairs...Elle passe, rapide, au gré des vents épars.Et les étangs dressent leurs nénuphars,Et les jardins tendent leurs roses,Et les bois agitent leurs branches.Pour qu'un instant elle s'y pose et s'y balance !Mais elle passe,Car elle est si pressée, elle a tant à penser !Mais elle passe,Et dans le lointain de l'espace,Elle s'efface,Elle est passée !   . ... [Lire la suite]
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samedi 23 septembre 2017

LE CHANT DE LA TERRE

Dans la transparence du regard, le ciel s’accouple avec la terre ; les nuages sont des sources, les feuillages, des étoiles. Depuis longtemps l’Homme s’interroge sur le fluide et sur l’opaque ; sur ce qui coule et ce qui voile ; ce qui prodigue ; ce qui recèle. Le sang provient-il des océans ; et la peau, de la glaise ? Qu’y a-t-il en deçà du commencement ? Et par delà nous-mêmes, qu’y a-t-il d’autre, qui ne soit ni le tout ni le néant ? L’Homme, arc-bouté sur ses pensées, depuis toujours se nomme,... [Lire la suite]
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samedi 23 septembre 2017

CE JARDIN D'ENCRE...Extrait

…   un jour peut-être exista-t-il entre les deux une coïncidence le temps tout au plus d’un cri de joie qui n’a pas su ce qu’il était que peut ensuite un cri jeté dans l’ignorance de son sens  rien sinon se retourner contre la bouche ayant craché l’oubli ruiné dans le corps même l’élan vers la seule évidence on écoute une rumeur dans l’arrière-pays de la voix  parfois cela résonne comme une promesse parfois ce n’est qu’un bruit qu’attendez-vous dit la raison puisque rien jamais n’arrive par là mais chacun... [Lire la suite]
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samedi 23 septembre 2017

LES PHARES

Rubens, fleuve d'oubli, jardin de la paresse, Oreiller de chair fraîche où l'on ne peut aimer, Mais où la vie afflue et s'agite sans cesse, Comme l'air dans le ciel et la mer dans la mer ; Léonard de Vinci, miroir profond et sombre, Où des anges charmants, avec un doux souris Tout chargé de mystère, apparaissent à l'ombre Des glaciers et des pins qui ferment leur pays ; Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures, Et d'un grand crucifix décoré seulement, Où la prière en pleurs s'exhale des ordures, Et d'un rayon d'hiver... [Lire la suite]
samedi 23 septembre 2017

POURQUOI DES POETES EN TEMPS DE MANQUE ?

" La poésie de nos jours est-elle un sujet d'étonnement ? De dérision plutôt. Non pas aux yeux des autres : à ceux d'abord des poètes. L'écriture, son agonie.Ne fallait-il pas découvrir les pièges où la poésie facilement se laissait prendre ? Ce mythe de l'innocence ou de l'unité grâce auquel les poètes ont pu vivre en ces temps du manque, ou survivre, angélisme, a-t-on dit, respectant, perpétuant le schéma reli­gieux : poésie, paradis. Le poème avait mission de purifier, il le pouvait, ses mots parti­cipaient à l'être et tendaient... [Lire la suite]