En ce jour saint comme en d'autres je pense à Simon Paul et Léontine,

mes chers père et mère -

Henri-Louis Pallen

.

Mon père parlait aux grives, aux merles, aux moineaux
et il avait une main droite qui savait tout faire,
des objets petits ou grands, avec ingéniosité.
Bricoler, comme susciter le chant d’une guitare.

Ma mère aimait le café bien frais, c’est-à-dire chaud
qu’elle sucrait rarement, avec du miel de lavande,
ses yeux s’émerveillaient devant les roses du jardin.
Elle avait des robes élégantes, elle était coquette.

Mon père avait ceci d’extrêmement particulier
qu’il était toujours à s’inquiéter du bonheur des autres,
le partage avec nous de son espace le comblait.
Il ne connaissait pas l’afféterie ni le trucage.

A ce point touchée au cœur que les larmes lui venaient,
maman se régalait de bon pain comme de poèmes,
avait toujours conscience de l’essentiel : être ensemble.
Elle voyait le jour, ça suffisait à son bonheur.

Mouchoir en poche, embaumé d’essences de Cologne
il transformait en rosée matinale ses sueurs
endurant dans le silence des souffrances tenaces.
Sa mousse à raser avait un pouvoir d’enchantement.

Ils partaient une fois l’an, rituellement soignés,
à pied, bras dessus bras dessous, jusqu’à la Saint-Cézaire,
mettant un point d’honneur à ne pas prendre la voiture.
Ils n’étaient que douceur, respect de l’autre et dilection.

Assise à la terrasse du café, leur bienveillance
souriait aux passants et aux manèges de l’instant,
pendant que je remportais des tours ils me faisaient signe.
Sourires échangés représentant plus que de l’or.

 

.

 

 

HENRI-LOUIS PALLEN

Copyright  www.lierreentravail.com

 

.

 

 

couple