La moindre bête blessée
pèse si fort sur la terre,
la moindre graine écrasée
que la nuit les laisse faire.

Souci précoce des herbes
brusque étamine de pluie
qui pourra dans chaque rêve
retrouver ce qui le fuit ?

A chaque gorgée de silence
la bête roule un peu plus
à chaque coup de la lance
votre peur est mise à nu.

Demain l'arbre vit dans ses feuilles
et la bête pleine d'amour
s'endort sur le nouveau seuil
que découvre le grand jour.

 

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JEAN CAYROL

1944-1945

Camp de concentration de Mauthausen

 

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ISABELLE MALZEMAT

 Oeuvre Isabelle Malzemat