Par le chemin qu'il obombre
l'arbre se rappelle en la caressant 
à l'histoire de la rivière 
D'entre la canopée
les plus hautes futaies 
la solitude des mornes plaines
et le verger
la frondaison renaît 
à son chant pluriel
au comble du cantique
comme il élève
solennel les racines au ciel

Jamais muet 
jamais figé 
qui n'enténèbre 
ni le jour ni la halte 
et rafraîchit pour un temps précieux 
le pèlerin 
le repos du ramier
Auprès de lui 
mélope un filet de source
claire
 un faune prélude


L'arbre 
A la fois vénérable 
jeune rameau d'érable
que la brise accompagne 
telle l'estampe 
L'arbre entonne l'hymne à l'univers
comme au printemps 
de tous les essaims
Le temps des secrets 
dès lors sourd 
de la cime à la terre
et s'ente à demeure 
pour y muser


Providentielle synthèse
rendez-vous sibyllin 
Quel antre ramé exhorte
autant
l'harmonie      louange 
les livrées mélodieuses 
de la pleine nature
des saisons 
aux lunaisons qui augurent 
parfois     sous la feuillée
l'aura d'une idylle


Arbre né de la légende
du culte de Pan
et qui tant séduit les contes
mystes et mythes 
en animent le choeur léger des bergers 
la chevelure enivrée
la branche torse 
ou l'essence
depuis les métamorphoses ailées
L'ombre des dryades 
au manteau de givre 
de bourgeons et de fleurs 
plane perpétuellement 
ressuscite comme la nuit 
les astres

Sublime refuge 
l'enfance     le chagrin 
à ses pieds se confie  puis  se couche 
Le trille du merle    de la grive
le gazouillis des oiseaux sylvains 
en apaisent la souvenance
Que son fruit vienne 
à point nommé
rouvrir les portes du paradis perdu
réveille aèdes et poètes-nomades

Que son règne sain 
reconquiert sans frein 
le vil mouroir des villes
A lui  qui recueille l'eau
et exhale un souffle de douceur 
à toujours 
promesse encensée
éternel retour 
en esprit exaucé 
au nom de la beauté d'une rose 
chère au petit Prince


Je garde dans le regard
les luminances  d'un chant abyssal 
aux étoiles jamais nombrées 
le zéphyr y joue ses arpèges
berce les songes
Que je capte  à ses flancs
que flue en moi 
cet élixir existentiel 
le dessein fidèle d'une prière 
au vent de la pluie 
ondoyée

J'en partage le faisceau 
à l'automne qui traverse le bois
les révélations
de mystiques pensers
ces jeux d'antan
à l'imaginaire débordant la raison
où nicher secrètement 
un peu plus près du ciel
Enchanteur à souhait 
que le temps    en lui     infuse
à l'unisson d'un rêve alchimiste

 

 

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CRISTIAN GEORGES CAMPAGNAC

http://marin56.canalblog.com/archives/2018/02/02/36106479.html

 

 

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