Les heures de la nuit sont de pâles fiancées au chevet de l’insomnie. Ce qui précède et ce qui suit. Les soucis.
Je ne sais pas s’il est possible de trouver la paix dans toute cette prose archaïque de la survie. S’il suffisait d’écrire, en bas de page, des notes de lecture pour ne pas se perdre. Petits poucets égarés dans la forêt de la nécessité.
Cécité du destin. Il est difficile d’apprendre quand chaque jour est opaque.
Je le dis et s’il faut le dire plus fort, je porterai la voix. Ce monde manque cruellement de tendresse et de compassion.
Il reste le givre des jours. La trace des pas que laissent les animaux dans la neige et le monde des hommes. Comme le signe d’une vie antérieure qui jamais ne fut vécue.
Les heures de la nuit sont des margelles. Le sommeil est au fond du puits. Les âmes sensibles sont priées de se retirer. Il faut laisser la place aux géants mornes qui font un bon usage du néant.

 

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© PATRICK CHEMIN
Le 11 février 2018

 

 

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RAOUL UBAC

Photographie Raoul Ubac