Je te le dis comme le vent respire
Nous le trouverons ce pays
Où la plus simple liberté
Réinvente la vigne

 

Le vendangeur ne touche pas le sol
Mais sa folie nous accompagne
Et pour l'espace nous marchons
A la vitesse de nos rêves
A la violence de notre pas.


Rêver commence au bout du champ
Le laboureur est plus étoilé que poussière


Un cheval meurt
Une rivière enfantine s'endort
Et l'on comprend toute la fatigue de l'eau.


Une avancée de plus vers celle qui m'entoure
Et le village sera femme
Avec église sur les yeux
Sur les lèvres le jardin pour sarcler la parole


La fontaine brûle au milieu
Mais le feu a les voyelles de l'eau.

 

Cette femme aux frontières
De l'air et de l'eau
Ne porte sur elle
Que l'étincelle de sa bouche


Au jour des déchirures
Elle embrassera les châteaux


Les rois comprendront que le feu
Est le royaume des pauvres.

 

Lumineuse amitié
Le matin prend les peupliers
Par le cou
J'endosse le silence
Comme un manteau sans couture


Et pour l'embrasement de mes pas
Toujours m'en vais vers ce qui brûle.

 

Nous serons toujours plus grands que les arbres
Nos fruits nous ressemblent
Et quand par malheur ils tombent
C'est le bruit d'un cœur qui se brise
Savez-vous que la terre en tremble ?

 

Au pays ensemencé d'orages
Une fille qui danse éparpille la pluie
Le ruissellement sur les hanches
Annonce le premier éclair


L'amour nous brise
Comme une foudre dans la chair.

 

Un peu d'eau sur tes lèvres
Pour la douceur de me parler
Quand aimer demande la pluie
La sécheresse nous craquelle.


Faut-il si peu d'espace
Pour brûler tant et tant
Si peu d'espace encore
Pour que le corps s'en aille


L'absence est à notre taille
Et le feu notre seul enfant.
Entre son ombre et sa famille
Un homme parallèle au blé

 

La tige au vent se brise
Mais les moissons n'ont pas de prix


Celui que l'on fusille
Aura la vision sans limite
Les siens comprendront-ils
La prophétie des yeux bandés ?

 

On fit un cercle autour de lui
Pour que le feu nous soit plus proche
Se savait-il au centre de la terre
Quand nous le prenions par la main


Le poème qu'il nous a lu
Ouvrit tout grand notre frontière


Si lui se souleva
Il nous restait le monde et les confidences du feu.

 

 

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MARC BARON

 

 

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fatat bahmad

Oeuvre Fatat Bahmad