La vie…

La vie est une orange mûre et bigarrée

Un présent que l’on ne finit pas d’ouvrir

Une mémoire d’autres vies

Une enfance qui tourbillonne vers sa lumière

J’ai habité un nuage

Et j’ai tellement voyagé que j’ai avalé le noyau du monde

Je n’avais que mon cœur pour monture

J’ai pansé le soleil

Rendu hommage aux femmes nues

La vie m’a toujours tout donné

Des pépites d’amour

Des cimetières de rêves

Des sanglots

Des naufrages

Et des torrents de rires

Ainsi soit-elle

Ma parole a usé les miracles

Elle a aussi recyclé les arcs-en-ciel

A force de souffler sur les braises d’amour

Toute vie est une faille

Un arbre que l’on plante dans sa propre chair

Dans la plus belle des solitudes

Mais il y a pire

Il y a ceux qui souffrent

Ou qui meurent de vivre

Qui remontent à la source au-delà du malheur

Peut-être faut-il aimer le présent

Ouvrir le cadeau

Et demander l’hospitalité à la vie

Où est la maison du rêve

Nous la construisons chaque soir sous l’éclat des paupières

Mais le rêve ne nous attend pas

La vie est trop pressée de vivre pour attendre

L’oiseau court après son chant

Et moi je cours après mon ombre

Je n’ai jamais douté de l’ombre

Cette part fidèle de l’errance

Aux dernières nouvelles

Demain remontera de la nuit

Comme un seau sort du puits

Il y aura de l’eau pour toutes les soifs

Et de l’amour à boire

Aux dernières nouvelles

Il y aura des indignés sur les places publiques

On parlera au printemps

On réveillera le feu

L’amour applaudira

Je veux de cette vie là

Je veux de la rosée des mots

Je dis à ma vie qu’elle est tambour

Une résistance à l’affût

Une mer en manœuvre de beauté

Voici ma vie

Je la suis ou je la précède

J’emprunte une oasis cosmique

J’emprunte un nom de guerre et d’amour

J’emprunte un monde boiteux

J’emprunte tout y compris ma peau d’homme

Et je vis

Avec vous

Parmi vous

Comme un mendiant heureux de respirer

Le monde a une odeur de mère

J’habite ma mère

Je vis…

Comme l’arbre hisse sa voile

Comme l’abeille polit son miel

Je vis…

Sans raison de vivre

Par la femme qui porte ses seins comme un bouquet

Par le vent qui m’enlace sans m’étouffer

Par la poésie qui me souffle d’aimer

Que la vie me pardonne

Que la vie me pardonne

 

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Ernest Pépin

Faugas/Lamentin

21 décembre 2011

 

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elisabeth guilhem3

Oeuvre Elisabeth Guilhem

http://cmourey.blogspot.fr/2015/09/dans-latelier-echange-avec-elisabeth.html