Plus que deux mots

Dans ma besace de misère, à côté du couteau au manche d’olivier
Dont j’ai tordu la pointe dans je ne sais quelle rencontre
Et de la ficelle, du mouchoir bleu, à plonger dans la mer
Qu’il devienne rouge
De ces hontes dont nous détournons les yeux
Ne sont ils pas de notre espèce, ceux qui nagent, s’étouffent et s’enfoncent,
Et sont ce des statues ces enfants pétrifiés couverts de cendre
Dans des villes crevées par les bombes vendues par nos pays ?
Quels pays ? nous n’en sommes plus que les esclaves muets,
Pendant ce temps 
Vos fils et vos filles pointant l’aiguille sur la veine bleue
Ecœurés de vous, dégueulants l’héroïne au dessus des chiottes
J’en ai soutenu des fronts, je sais de quoi je cause,
Et je me demande si je ne devrais pas faire comme eux,
Me planter des seringues dans la gorge qui me calmeraient
Je fais une over dose de monde
Une over dose d’humains
Même si je vois quelques lumières bénies à l’horizon
Et mon dernier rêve se peuple de charognards perchés
Attendant quoi grappiller de plus quoi arracher
Je serre contre moi ma besace, ma misère,
Le couteau et la ficelle
Les deux mots :
Mourir
Révolte
Mais
Je ne sais plus crier
Assez fort

 

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ALEXO XENIDIS

 

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Enfants victimes Syrie 2018