Toi, à qui je ne confie pas

mes longues nuits sans repos,

Toi qui me rends si tendrement las,

me berçant comme un berceau ;

Toi qui me caches tes insomnies,

dis, si nous supportions

cette soif qui nous magnifie,

sans abandon ?

Car rappelle-toi les amants,

comme le mensonge les surprend

à l'heure des confessions.

 

Toi seule, tu fais partie de ma solitude pure.

Tu te transformes en tout : tu es ce murmure

ou ce parfum aérien.

Entre mes bras : quel abîme qui s'abreuve de pertes.

ils ne t'ont point retenue, et c'est grâce à cela, certes,

qu'à jamais je te tiens.

 

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RAINER MARIA RILKE

La traduction de ce poème est de Rainer Maria Rilke

 

 

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Joan Marti

Oeuvre Joan Marti