A trop vouloir éliminer la part de Rêve, le pouvoir finit toujours par créer les Légendes. 
Un rêve tout seul, ce n'est pas grand chose. Des cabanes, et des marmites pleines de soupes de légumes pas trop appétissantes, et des toilettes sèches, et de la boue et des assemblées générales interminables, inconfortables et mal chauffées. La zone, Notre Dame des Landes, et tout le monde n'avait pas envie d'y aller. Ca va cinq minutes, la vie en communauté. 
Mais la défense de la Part de Rêve , c'est autre chose.

Le pouvoir donc, décide que la destruction de cabanes vaut bien d'envoyer des milliers de policiers surarmés. Il FAUT casser, ravager, attaquer, empêcher . Quoi, mais quoi ? Forcément autre chose que des cabanes, des toilettes sèches et des assemblées générales interminables. 
Forcément on se demande quoi, devant cette Force déployée. Et forcément, on le trouve en soi, et avec étonnement on entend un premier Ministre l'asséner. ON ne peut pas accepter de laisser des gens rejeter toutes les règles de la société.

ON est un con, et ça, on le savait déjà, on était sans arrêt obligés de les respecter, les règles de cette société et de le payer de nos rêves jamais réalisés. Mais brusquement, devant toute cette Force visiblement déployée, forcément, les cabanes deviennent tous nos rêves brisés. Tous nos Rêves pas dangereux mais empêchés.

Les gens de Notre Dame des Landes entrent dans la Légende. Celle qu'on racontera longtemps, longtemps, celle des silhouettes qui défiaient les Voleurs de Rêves Assermentés. Le pouvoir, bêtement, s'imagine qu'il aura gagné quand les cabanes seront cassées. Il a juste étendu la Part de Rêve et beaucoup perdu. La ZAD peut-être, sera évacuée, et après ? Après tu savais pas, mais Peter Pan peut voler, et sa résistance endiablée a donné envie à tant d'entre nous de laisser la fenêtre entrebaillée.

Neverland, même avec un million de policiers ce sera très dur à évacuer

 

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NAD IAM

 

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Photographie Loïc Venance / AFP