vendredi 18 mai 2018

PATMOS ET AUTRES POEMES

... le blé des corps dans la meule des ans farines que mélangent les lois éternelles pour d'autres pains et d'autres dents la nuit tu tâtes soudain sans comprendre la peur qui fouille au ventre des images cherchant à clore sur soi le mouvement et ces eaux nues de l'ardeur d'aller encore et encore plus loin dans l'ouvert? (et même et surtout quand la nuit se referme) ...   .     LORAND GASPAR     .
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vendredi 18 mai 2018

APPROCHE DE LA PAROLE...Extrait

Langue natale. Les contraires qui sont battement au cœur du monde, la parole les porte à déchirure. Dans la dislocation que plus rien ne guérit, la ferveur d'une langue dévore son avenir. Fouet d'une phrase sans équivoque. Ici s'est tenue la lumière d'un arbre, là s'est dissoute la venue d'un pas. Dans le buisson des cris le dieu se creuse de mutisme. Quelque flamme que tu portes - si peu cette eau qui s'évapore. Fraîche amertume du sel dans les plis de lumière.     .     LORAND GASPAR   ... [Lire la suite]
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jeudi 17 mai 2018

PAUL CELAN...Extrait

Parle, toi aussiparle le dernier à parlerDis ton dire. Parle. Cependant ne sépare pas du Ouile Non.Donne à ta parole aussi le sens lui donnant l'ombre.Donne-lui assez d'ombre,donne-lui autant d'ombrequ'autour de toitu en sais répandueentre minuit midi minuit. Regarde tout autour,vois comme celà devient vivantà la ronde,dans la mort! Vivant!Dis vrai, qui parle d'ombre. Vois comme se rétrécit le lieu où tu te tiens.Où veux-tu aller, à présent, toi endéfaut d'ombre, où aller?Monte, en tatonnant, monteplus mince, plus... [Lire la suite]
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mardi 15 mai 2018

SOUS LE FEU LA CENDRE ...Extrait

L’heure vient peu à peuParmi les heures toutes pareillesL’heure unique, l’instantLe Pont imperceptible entre le Temps et l'ÉternitéParmi les Sœurs qui passent devant toiSi transparentes, pareillement silencieuse A quoi la reconnaîtras-tu,Quel signe dans ses yeux vers tes yeux dirigé… Quand ton enfant sera devenu lui-mêmeTu ne reconnaîtras pas ton enfant Quand mon poème sera devenu lui- mêmeTu ne reconnaîtras pas mon poème Tu chercheras dans ses yeux étrangerstous les regards que tu avais semés,dans ses larmes celles que tu... [Lire la suite]
mardi 15 mai 2018

AMAL MURKUS - FILASTINA NAKBA 1948-2018 -LA AHADA YALAM (NO ONE KNOWS)

Personne ne sait ce que sera demain. Les cieux au-dessus du camp de réfugiés sont gris. Des rêves gribouillés à la hâte sur les murs. Sous les slogans les enfants de la ville jouent au jeu  de la Mort. Personne sait, personne sait. Les héros d'aujourd'hui sont annoncés mort sur les nouvelles du soir. Les gens ordinaires font les gros titres pendant quelques secondes   Ils disparaîssent sans laisser de trace au fil des jours. Personne ne sait, personne ne sait. Mais je sais que les victimes de demain ... [Lire la suite]
dimanche 13 mai 2018

MINERAI NOIR

Quand la sueur de l'Indien se trouva brusquement tarie par le soleil Quand la frénésie de l'or draina au marché la dernière goutte de sang indien  De sorte qu'il ne resta plus un seul Indien aux alentours des mines d'or On se tourna vers le fleuve musculaire de l'Afrique Pour assurer la relève du désespoir Alors commença la ruée vers l'inépuisable Trésorerie de la chair noire Alors commença la bousculade échevelée ... [Lire la suite]
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dimanche 13 mai 2018

L'OEIL DÉSERTÉ II....Extrait

Belle, pour quel désert suis-je promis, pour quel autre désert s'il faut, à chaque instant, retrouver sa solitude dans tous les yeux qui passent ? Lorsque les routes se dédoublent et s'amoncellent les fleuves ; lorsque lentement, dans le matin, s'élève l'haleine rouge des heures, je voudrais m'ouvrir comme une parole privée d'air depuis longtemps. La mer, de tous ces plis, m'apporte des chants sans mémoire qui vont, avec l'entêtement obscur de l'oiseau, pour retrouver un goût de terre et d'orage. Désert, désert partout ! dans... [Lire la suite]
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dimanche 13 mai 2018

CLAUDE SAGUET...Extrait

  Toute la terre dans un éclat de siècles, de racines mises à nu et serrées dans l'amour, à grands pas s'approche du poète. Et les murs, le rempart qui sommeille abattu sur lui-même, tous mêlés d'oiseaux, de patience ou de larmes, la poitrine rouge à cause des peines, tournent leurs yeux de pluie du côté de son coeur.     .   CLAUDE SAGUET   .   .    Photographie © Hengki Koentjoro  
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dimanche 13 mai 2018

LA FRAÎCHE EVIDENCE...Extrait

Tu dis « n'écris jamais une phrase dans sa fatigue, sache te taire quand cela commence, aime ta maladresse, laisse-la t'accomplir. Les pages de soleil aveuglent, brûlent les lèvres. Endors-toi, confie ta vigilance, les mots connaissent le chemin sous le ciel. Par le trou de ta mort, une langue ouvre les paupières. Écoute la fin de tout, la mesure dérobée. L'espace de nouveau s'unit à la salive. Le livre n'a plus besoin de mots. »   Tu dis « apprends-moi » et je ne peux t'apprendre qu'à franchir, à... [Lire la suite]
samedi 12 mai 2018

JEAN LAVOUE...Extrait

L’exercice qui te sauve :Te tenir comme un arbre,Ancré dans les courants,Consentant aux averses,Être fleuve sans rivesOu bien cet homme deboutQui marche dans sa nuit,Sans lieu, sans autre solQue le bel aujourd’hui,Conscient que tout naufrageRecèle des trésors,Oublieux de ses failles,Ne gardant que l’élan,La clarté des passages,Invitant chaque oiseauÀ demeurer chez lui.     .     JEAN LAVOUE     .      
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