Et ce n’était rien la pluie. 
Sinon la touche du vent, la cillée des nuages, les mains aux nœuds défaits, légères à pétrir le ciel de leurs doigts de fontaine. 


Rien sinon ce qui échappe. Et s’abandonne à l’air. 


Rien sinon ma danseuse d’automne. 
Suspendue. Flottante. 
En devenir dans le tourbillon de son âme déchirée. 


Rien sinon votre chair qu’aucun mot n’habille. Votre feu qu’aucun regard n’éteint. Votre sang et vos larmes qu’aucune bouche jamais ne parviendra à sécher. 


Ma danseuse, tout feu, tout flammes. Cœur au ciel et pieds légers, c’est toute la terre qui s’élève dans le chant rauque du bois. Dans les fibres qui se dénouent. Et tournent. 


Dans la nuit, j’irai voler les derniers muscats noirs. Je presserai leur chagrin. Et longtemps après m’enivrerai de leur vin de lune. Ce sera pour vous rejoindre, ma fiancée du vent. 
Et, ange, oublier ce qui blanchit mes nuits. 

 

 

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ALAIN FREIXE

 

 

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Katia Chausheva,

 Photographie Katia Chausheva