mardi 17 juillet 2018

HENRI GUERIN...Extrait

Comme une couturière en journée Le vent a coupé, taillé, rogné Tout au long du jour Dans le coupon du ciel. Dès le soir venu, Il a ramassé minutieusement Toutes les chutes d’étoffes épandues Pour en faire un petit tas coloré Qu’il a poussé Dans un des coins de l’horizon. Il est parti en emmenant Pour tout paiement de sa journée Dans son vieux cabas de couturière Le soleil, rond et doré Comme un écu.     .     HENRI GUERIN 1952 http://www.henri-guerin.com      .   ... [Lire la suite]
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mardi 17 juillet 2018

HENRI GUERIN...Extrait

Nous ignorons de moins en moins de choses, nous commençons à savoir comment s'établirent les montagnes, quand les océans refluèrent, pourquoi ils battent sur nos berges. Nous connaissons mieux les caprices du ciel et de la terre, nos vieilles terreurs semblent reculer à mesure que s'étirent vers le bas autant que vers le haut, nos lunettes du dedans jointes à celles du dehors. De nouveaux aventuriers, guetteurs de vie et nouveaux poètes, du biologiste à l'astrophysicien, scrutent les infinies combinaisons de la matière que voile à... [Lire la suite]
lundi 16 juillet 2018

CATHERINE SMITS...Extrait

Tu m'as dit:As-tu remarquéque dans le mot "Nous"il y a "os" et "nu"? Je comprends mieux maintenantle terrible secretde notre solitudel'indigence de ma peau et le bruit sourdqui s'insinuepulsion de sang battant le manquedès que s'étirentjusqu'au silencenos cris de bêtes cherchantl'une dans l'autrel'essentielle substance     .     CATHERINE SMITS     .  
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lundi 16 juillet 2018

LES EPIPHANIES...Extrait

Le lit des choses est grand ouvert. Je me suis endormi, pensant que c'était trop beau et que la terre s'échapperait. Je craignais tout des ventilations absurdes d'une nuit en colère. Les matins me fustigeaient. Je vivais crédu­lement. Sourcier infatigable, je cherchais l'Orifice originel, premier ouvrage par où passer la tête et crier au Soleil. J'ai trouvé! Je confectionne sur mesure une amoureuse. (En vérité, elle m'est venue d'une ville rêvée posée sur de grands boutons-d'or.) Les peu­pliers s'organisent. Les rossignols... [Lire la suite]
samedi 14 juillet 2018

LA LUMIERE LA MÊME...Extrait

Chaque jour emporte un bout de vie un éclat de lucidité chaque jour apporte plus de souffrance plus de silence et de résignation La vague avance et recule elle arrache au rivage un peu de sable une plume une feuille elle apporte sur le rivage des brindilles et une écume jaunie. Et pourtant tout recommence l'eau s’est refermée sur le caillou lancé par l’enfant le souvenir tombe dans l’oubli Dans l’invention du rêve Parfois un geste s’ébauche une phrase se forme on voudrait... [Lire la suite]
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samedi 14 juillet 2018

A LA FIANCEE DU VENT

Et ce n’était rien la pluie. Sinon la touche du vent, la cillée des nuages, les mains aux nœuds défaits, légères à pétrir le ciel de leurs doigts de fontaine. Rien sinon ce qui échappe. Et s’abandonne à l’air. Rien sinon ma danseuse d’automne. Suspendue. Flottante. En devenir dans le tourbillon de son âme déchirée. Rien sinon votre chair qu’aucun mot n’habille. Votre feu qu’aucun regard n’éteint. Votre sang et vos larmes qu’aucune bouche jamais ne parviendra à sécher. Ma danseuse, tout feu, tout... [Lire la suite]
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samedi 14 juillet 2018

JOINTURES

Entre la nuit et l’aube le choc des pierres comme mots mats lancés par la vague puis restés sans réponse (lettres passées sur papier jauni au fond d’un tiroir qui sent la cire) Épris de ce goût du vent où roulent les nuages À l’infini de fenêtres fermées À tâtons Nous cherchons sur la couture d’un drap Le fil d’une histoire qui s’épuise Et le nom de ces choses très simples qui s’échappent glissent (bleue et grise l’eau de la mer et sur la peau l’odeur du... [Lire la suite]
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samedi 14 juillet 2018

QUELQUES GOUTTES DE SOLEIL ET APRES...Extrait

Des brins de paille dans les cheveux nos cris et ceux des hirondelles frôlant les champs de lavande dans la lourdeur de l'air tant de chaleur tant de secrets les cachettes du buis le froid de l'arrosoir sur les lèvres et les grelots des chèvres le soir à la même heure sur les mêmes chemins on serre contre soi ces images sans serrure comme on vole une fleur sur un talus  ... Nos demeures s'attardent en nous longtemps après notre départ leur odeur la couleur... [Lire la suite]
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samedi 14 juillet 2018

DIT C'EST UN POEME D'AMOUR...Extrait

Comment dire l’amour le temps de l’amour la fin de l’amour comment éclairer les temps lumineux et ne pas tricher sur les défaites les oublis comment dire l’amour le temps de la tempête l’amour qui voyage qui rend à l’enfance comment dire ce qui rugit ce qui rougit ce qui cache ce qui éclaire le visage transperce le regard comment dire l’amour qui se partage qui se disloque qui se reloque qui s’oublie comment dire la parole qui bégaye l’interrogation des mains des yeux comment nourrir la prière ... [Lire la suite]
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samedi 14 juillet 2018

LE BATEAU DE TERRE CUITE...Extrait

Ombres minuscules sur la blancheur du mur labyrinthe éphémère de l’instant nous avons besoin de la mer non pour laver nos oreilles mais pour plonger dans les confins des profondeurs les yeux fermés sous l’eau de notre soif au milieu du bleu le corps dressé par l’éphémère le regard aiguisé par le lointain nous avons besoin de la mer pour renaître sur la plage à l’ombre d’un murmure en fleur la matière de nos paroles est la lumière la matière... [Lire la suite]