Revenir    pieds nus
dans les traces trop larges
comme si on rentrait chez soi.
 
Glisser sur le sol
se laisser écorcher par les échardes
de la mémoire
et rendre grâce à la source
à la leçon de l’humus
à l’éclatement végétal.
 
Il faut
murmurer d’une voix profonde
les rêves éteints
la cendre lavée
de tout l’ocre humain.
Il faut dire
à voix froissée
ce qui hurle en soi
avant de se taire.
 
Dire
les chemins tortueux
dans la terre lasse
de nos migrations.
Dire aussi
l’adagio de l’aube
le chant aux mille voix
tout autour
et l’isthme trop fragile
qui nous retient encore.
 
Il faut
dire qu’on est debout
dans l’opacité        dans la fièvre
soumis aux remous
dans l’effacement
mais que fuse encore
en nous       la lave.
 
Dire aussi
les épines qui vont toujours droit
à l’âme
et dont il faut se détourner.
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AGNES SCHNELL
1/09/06
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Edward Burne-Jones

 Oeuvre Edward Burne-Jones