Pierres polies
Pierres de patience
Combien d'effleurements
Combien de lames
Dans la brutalité du roc 
Ont sculpté en silence
L'harmonie d'un sein
L'apparence d'un flanc
Dressant sur les rives des ruissellements
De la Terre sans cesse s'enfantant
Des stèles aux yeux voilés
Où en un même corps d'autel
S'épousent le germe mâle et l'essence femelle
Pierres de naissance
Pierres de crépuscule
Les rivières dansent vers la mer
Comme vous marchez vers le sable
Avec la lenteur d'une caresse sur la peau
Si je ferme les yeux assez longtemps
Pour traverser un envoûtement
Je vois depuis l'oeil d'horizon
Sur un paysage sans fin 
Les arabesques de cailloux
Jetés par un géant
Pour retrouver sa maison d'enfant
Sous les tremblements de terre
Sous les tremblements du temps
J'entends ses pas indécis
Cheminer vers la mer

 

 

.

 

 

ANNA MARIA CARULINA CELLI

 

 

.

 

 

calvi