L’heure est ouverte. Toujours. La seconde offerte à la vie, la durée la zappe et ne s’en souvient que si elle subjugue. Sur la table, proche du mur où repose l’horloge, un vase et un bouquet de fleurs. Au fond de l’écuelle, un peu d’eau pour maintenir la vie et la couleur. Une gorgée de lumière dans le sillon qui traverse la pièce. Tout est calme et silencieux lorsque le temps sonne la cadence. Le rythme régulier du tic-tac ressemble à celui des vagues uniformes venues mourir sur la plage. Il est midi, il est minuit. C’est toujours la ronde greffière du temps qui passe. Ton cœur et le mien ne connaissent rien à cette temporalité calculée. Nous sommes l’immortelle sensation du ruisseau caressant l’herbe tout au long de son passage. Notre fontaine coule à perte de vue sur la cuvette de l’horizon. Dans nos veines, l’étourdissante marre aux canards retentit comme un lieu de cascade. Ta main dans la mienne, nous promenons dans l’hologramme sensuel de la solitude devenue le ciment de notre fraternité. L’heure est ouverte. Toujours. Les portes ont cédées, le vent s’est engouffré. Tout est lavé par l’air. L’heure est fendue, ancrée dans le quotidien des failles. Le temps est une vitrine derrière laquelle nous essorons nos corps et nos pensées. L’absence douloureuse fait revivre la lumière qui s’est perdue sur le coin de la bougie. La cire dans son sommeil chante encore le soleil auquel elle a voulu se mesurer. Aujourd’hui, l’heure fugue et nous aussi.

 

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BRUNO ODILE

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BRUNO