C'est moi qui éprouve du remords pour tout ce que le Temps 

T'a fait, mon amour, comme si je t'avais 

Imposé l'usure du soleil sans-repos

Et tous ces jours mortels pour accomplir ce crime-là.

 

Pour ne pas conserver ce qui nous fut donné 

Par pure grâce et l'abandonner 

A l'oisiveté des heures, laissant l'automne enterrer 

Notre été paradisiaque: A une telle accusatîon, que puis-je répondre

 

Sinon le vieux dicton surgi du cœur :

« Le Temps épargne l’amour »

Mais nous, l’aimée et l’amant, nous vieillissons ;

Seule la vérité est toujours nouvelle :

« L’Éternité seule peut changer le faux en vrai,

Elle qui nous rajeunit en dépit du Temps »

 

 

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EDWIN MUIR

Traduction Alain Suied

 

 

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Matteo Massagrande2,

 

Oeuvre Matteo Massagrande