Je perdrai peut-être – si tu le désires – ma subsistance
Je vendrai peut-être mes habits et mon matelas
Je travaillerai peut-être à la carrière comme porte faix, balayeur des rues
Je chercherai peut-être dans le crottin des grains
Je resterai peut-être nu et affamé
Mais je ne marchanderai pas
O ennemi du soleil
Et jusqu’à la dernière pulsation de mes veines
Je résisterai.

 

Je résisterai

Tu me dépouilleras peut-être du dernier pouce de ma terre 
Tu jetteras peut-être ma jeunesse en prison 
Tu pilleras peut-être l’héritage de mes ancêtres 
Tu brûleras peut-être mes poèmes et mes livres 
Tu jetteras peut-être mon corps aux chiens 
Tu dresseras peut-être sur notre village l’épouvantail de la terreur 
Mais je ne marchanderai pas 
O ennemi du soleil 
Et jusqu’à la dernière pulsation de mes veines 
Je résisterai.

 

Tu éteindras peut-être toute lumière dans ma vie 
Tu me priveras peut-être de la tendresse de ma mère 
Tu falsifieras peut-être mon histoire 
Tu mettras peut-être des masques pour tromper mes amis 
Tu élèveras peut-être autour de moi des murs et des murs 
Tu me crucifieras peut-être un jour devant des spectacles indignes 
O ennemi du soleil 
Je jure que je ne marchanderai pas 
Et jusqu’à la dernière pulsation de mes veines 
Je résisterai.

Je résisterai

 

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SAMIH AL-QASSIM

 

 

 

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