Il posa sur la plume blanche d'un oiseau qui venait des rêves une goutte de rosée, ronde comme la larme d'un enfant. Il en apprit le nom et l'aima très fort ! Et les mots sont venus s'écrire dans le ciel au milieu de l'ondée. Quelques nuages sages en trouvaient les rimes.
Pourquoi a-t-il séché d'un revers de manche, l'émotion qui tombait sur sa page blanche ? Le verbe des nuages ne savait où aller.
Alors il fredonna un chant de la mer, un air de printemps que les oiseaux de retour traversèrent, des mots plein les plumes et les promesses en averses.
Un poème tout neuf se posa sur la page, le temps d'une césure, et s'envola tout là-haut là haut où passent les oiseaux qui laissent leurs plumes. La mer en versa une larme d'écume.

 

 

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JOËL GRENIER

 

 

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PLUME3,