Remparts des alizés
Goélands messagers
Murs blancs immaculés
Reflètent un soleil illuminé
Portes bleues entrebâillées
Donnant sur une mer agitée…

Ruelles étroites mouillées
Furtivement traversées
De femmes drapées
D’un HAÏK* arrimé
Qui laisse entrevoir à l’horizon
Un regard immense et fascinant
Juste à l’abri d’un muret
Deux beaux chats tigrés
Somnolent les pattes étirées
Leurs petits sous un carton abrités…

Échoppes d’Artisans animées
D’objets de thuya présentés
Par des mains d’artistes sculptés
Des toiles de maitres exposées
Des tapis aux mille couleurs décorés
De musc et d’ambre parfumés…

Gargotes alignées restaurées
Poissons de toutes variétés
Terrasses de bistrots bondées
De gens flegmes attablés
Devant leur tasse de café
Regardant les touristes passer
Et rêvant d’ailleurs et de l’Etranger
Foule battante écrasante
Souvent envahissante

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HAÏK* : drap qui couvre le corps
LILAS* : soirées de chants et transe Gnawas
HENDRIX* : chanteur et guitariste des années 60
PACO* : membre du célèbre groupe Nass El Ghiwane
HAJHOUJ* : sorte de banjo instrument de musique Gnawa
MELAH* : quartier juif
AÏCHA KANDICHA*: Fille d’un cheikh de tribu du Haut-Atlas. Pour venger son amant tué par les soldats, par sa beauté elle attirait ces derniers, et les tuait.
Elle est devenue résistante contre l’occupant portugais au16ème siècle.
KAHINA* : Huit siècles avant Jeanne d’Arc, cette chef berbère a dirigé des armées contre l’envahisseur.
Une femme guerrière qui a tenu en échec les troupes arabes pendant plusieurs années.

 

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Des Douars entiers
Dans la neige ensevelis
Un linceul immaculé
Oppresse-les oubliés
De notre société
Impuissants encerclés
Éloignés emprisonnés
Étranglé de nécessité
Ils résistent et prient
Se réchauffent
Se consolent
Autour d’un Kanoun*
Sur lequel mitonne
Dans une marmite âgée
Les quelques navets
Précipitamment déterrés
De sous la neige glacée…

Image d’innocents
Victimes de l’abandon
Survivent dans le dénuement
Enfants emmitouflés
En haillons la morve au nez
Certains mal vêtus
Têtes pieds et mains nus
Joues rouges gercés
Un morceau de pain
Un verre de thé
Repas quotidien
Loin de Ch’Hiwat Bladi*
Et la pub vache qui rit…

Parents angoissés
Sur des chemins enneigés
Courageux derrière leurs mulets
Bravent la tempête le danger
Pour rejoindre le souk le plus prés
Ramener du foin et des denrées
Pour préserver sauver
Leurs familles leurs brebis
Unique richesse de survie…

Chaque année
L’hiver des isolés
Des routes fermées
Des sentiers risqués
Des Douars assiégés
Les habitants racontent
La peur au ventre
L’histoire de l’instit dévoué
Parti sous la neige à pieds
Chercher des provisions
Pour sa petite famille laissée
Au retour dans la tempête
Il s’est perdu épuisé
Le lendemain on l’a trouvé
Près de chez lui mort gelé…

 

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DOUARS* : villages enclavés

Chaque hiver au Maroc dans les régions enclavées, la même tragédie se répète.
Des bébés, des enfants, des femmes enceintes et des vieillards meurent de froid et du manque de soins.
Le manque d’infrastructures routes et chemins coupées impraticables.
L’éloignement des lieux de ravitaillement de denrées, de dispensaires et d’hôpitaux font défaut.

Depuis deux ans un groupe de jeunes internautes se mobilisent, récoltent des vêtements, couvertures et denrées alimentaires.
Puis organisent chaque hiver plusieurs expéditions humanitaires baptisées “Voyage de l’espoir” dans les régions enclavées

Kanoun* : coin de feu pour préparer les repas
Ch’Hiwat Bladi* : émission culinaire à succès sur une chaine de télé marocaine

 

 

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MOHAMED AOURAGH

 

 

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Mohamed Aouragh

1957 - 2 Novembre 2019