Le sommeil des enfants est fait de la nacre des coquillages ramassés en bord de mer. 
Les yeux jamais totalement fermés, ils voient plus loin, plus profond, sans s'en souvenir jamais.
Mais demande-t-on au coquillage ce qu'il a vu au fond de la mer, avant qu'il ne se retrouve sur une plage, puis dans la poche de l'enfant qui dort ? 
Le sommeil des enfants ne connaît rien de nos insomnies d'adultes, de nos soucis, de nos doutes, de nos désirs et de nos amertumes.
Il reste, implacablement, doux et froid comme la nacre des coquillages.
Il chatoie derrière leurs yeux mi-clos, comme les trésors qui brillent sous la surface de la mer. 
Et je veille sur le sommeil de mon enfant, ma petite coquillage, endormie en boule sur le fauteuil. J'ai à peine eu le temps d'ôter mes chaussures. 
Moi aussi ma petite coquillage, je dors les yeux ouverts sur ton sommeil, c'est une chose que vous avez prise de moi, ces yeux mi-clos sur la nuit et le repos.
Sans doute, il y a tant à voir au cœur du sommeil. Il y a une eau sans profondeur atteignable, sans laquelle nous ne saurions vivre, sans doute.
Dans mes abysses, ma petite coquillage, je sommeille éveillée et quelle belle promenade à fleur de sable, à peau de souffle. 
On ne dirait pas, à voir tes yeux mi-clos, mais je dors avec toi ma petite coquillage, et les grains de sable sous mes yeux proviennent du creux de mon cœur. 
Ils ont consolidé mes os et se sont solidifiés. Ils ont tournoyé à une vertigineuse vitesse pour me donner sang et langue, avant de sedimenter, cheveux et tête de bois. 
Et nous voilà mes amours, avec nos yeux pas tout à fait fermés, nos rêves éveillés et notre sommeil de nacre.
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 ! DIAMON~11
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 ! DIAMON~11
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sommeil coquillage