« En tant d’années je n’ai jamais renoncé à ce que la dernière heure de l’année suspendît dans l’air, en signe de prodige et de « temps arrêté », une fleur de givre dont notre seule imagination enfantine fixa, autrefois, le dessin simple et précis. Elle est pareille pour la corolle à une rosacée, sœur de l’églantine et de la fleur du pommier. Comme une sirène sur sa queue, elle se tient debout sur sa tige qui se retourne avec grâce, une seule grosse feuille latérale fait songer, large et charnue, à la langue du chien haletant, et toute la plante brille d’un feu non point fixe mais palpitant, blanc et émietté. Je ne compte pas sur des mots pauvres pour vous la rendre visible, aussi bien elle s’éteint avec la première minute de l’année nouvelle. Sans doute elle vient pour attester que d’une enfance heureuse quelque chose survit, et qu’un présent âpre ne saurait faner l’avenir. » 

 

! DIAMON~11

 

 

COLETTE

 

 

! DIAMON~11

 

Fleur_de_givre