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EMMILA GITANA
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22 avril 2020

LA CONFIRMATION

 

A peine le murmure, l’ombre ancienne des mots

l’année d’avant où tu disais qu’il te faudrait deux vies

la vie d’avant d’une fois aveugle ?

la foi aveugle, mienne de mon pays perdu

de la rive exilée

éparpillée dans la tourmente de vivre.

et je chantais les mots d’un autre temps

des haies pleines d’oiseaux

que le printemps obsède

printemps, temps de passage

endeuillé par l’hiver qu’enchante le soleil.

 

alors vint d’une fable la trace ancienne et animale

le passage du doute où nous vivions de l’ignorance

où nous vivions au milieu de rêves

et de rituels sans mythes

nous n’étions de nulle part

nos cœurs cachés et étrangers,

tombés dans la plaine sans herbe

de hautes ombres nous hantaient

et hurlaient la disparition, le pays perdu

dans les remous du temps.

nous étions debout sur la grande spirale d’une route blanche

nous étions pâles et noyés de ténèbres

 

A peine le murmure l’ombre ancienne des plis

un salut à l’hiver, à la rosée des mots

déjà les ombres séparaient les vies

déjà les rêves affleuraient jusqu’à la mémoire des eaux

déjà s’effritaient les certitudes dans l’air sec

déjà plongeaient les regrets usés dans le crépuscule

 

le soleil, le bon air, l’eau pure

tout se raréfiait dans ces jours mortels

tu maintenais en vie l’amour

et sans abandonner nous rions de la grâce d’aimer encore

dans l’oisiveté des heures perdues, nous inventons notre été

nos aspirons au paradis des retrouvailles

nous croyons au temps qui épargne l’amour

nous sommes amants et aimés de cette vérité,

et la liberté rajeunit nos étreintes

nous appelons l’éternité de l’enfance

accrochés aux mémoires anciennes

nous tenons sous le vent, sous la pluie , sous le soleil

la rumeur houleuse des caresses

la sérénité exacerbée des passions

nous refusons la menace des séparations

nous arrimons au soleil la colline et les arbres

les sources et les nuages,

nous retenons le temps contre l’épaisseur des lointains

nous voyons dans chaque ligne, chaque nuance de l’espoir

nous roulons dans la brume des draps

nos caresses amassées et nous celons d’invisibles détroits

de désirs insensés

nous accostons à tant de berges nouvelles

nous découvrons la tendre lumière du soir

l’eau claire des sources profondes et des plaisirs joyeux

nous traversons le gué des silences et des absences, les solitudes

nous confirmons avec délice l’ombre de nos peurs

avec le visage intact de l’amour.

 

 

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NICOLE BARRIERE

 

 

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nicole

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