À ceux qui pansent le cercueil quand c’est le cœur qui saigne,
À ceux qui pensent comme on dépense en vendant notre peau,
À ceux qui cousent nos paupières avec le fil du discours,
À ceux qui cousent des drapeaux et décousent les nids,
À ceux qui noient l’amour dans le cours de la Bourse,
À ceux qui se saoulent à l’égout des égos,
À ceux qui transforment l’espoir en loterie monétaire,
Les jardins d’enfants en fabriques à soldats,
Et le chant des cigales en grillon du foyer,
Aux prophètes du Texas qui se prennent pour Dieu,
Aux vendeurs de pilules, de prières et de bombes,
Aux atroces impunis adorant le veau d’or,
Aux empêcheurs de vivre, aux bourreaux qu’on encense,
Aux saccageurs de rêves, aux pilleurs de tombeaux,
Qui renversent les pôles sans inverser les rôles,
Aux signeurs de décrets, aux saigneurs d’abattoir,
Aux seigneurs des finances, des églises et des stades,
À eux qui sèment la tempête sans connaître le vent,
À ceux qui comptent la mer à tant le grain de sel,
Et vendent les châteaux à tant le grain de sable,
Aux flics, aux banquiers, aux notables,
À ceux qui font leur beurre avec la loi,
À la racaille qui nous juge,
Aux assassins qui nous gouvernent,
je ne dis pas je vous hais
mais je vous souhaite le malheur.

 

 

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JEAN-MARC LA FRENIERE

 

 

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LETAT-MATRAQUANT-LA-LIBERTE_Goin

Oeuvre Goin " L'Etat matraquant la liberté "

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