Si l'on te demande

la maison du trahi

Ne laisse pas l'enfant

l'animal ou l'amant

te guider

Ils débutent à ce jeu

Demande plutôt à l'ami

Pose une main sur ses yeux

Demande lui

d'écrire un poème

dans la poussière de l'arbre

Ou

de cueillir un nuage

dans ce dépouillement

*

Il pleut sur les pivoines

Au sol une réponse

sang de Chine

J’ai recopié le texte

L’encre descend le long des mains

sang bleu

*

Le jardin dessine la queue d’une comète

Demain nous irons chercher des graines de stellaire

L’univers fracassé sonnera là

*

Parfois le murmure s’éloigne

la pierre se ferme

mais je sais ton retour

J’aime bien quand tu veilles

Alors tu écartes la pierre

chuchotes l’infini

Tout flotte superbe

prend corps

règne

Tu es mon ange

Chaque mot donné

est un baiser du bout des dents

*

L’homme assombri te confond

Berges souples libellules

Se noyer longtemps sortir neuf

embaumé de vie

La mémoire de la rivière

*

Le radeau avance disloqué

Huck

mon seul ami avait tout de toi

Fleuve de plus en plus large et turbide

Parfois une île

Qui passe

Lui peut être

chenu

Huck et l’ami

c’est suffisant pour tenir belle une vie comme le Mississippi

*

On finit par ne plus être qu’épaule

Racine oreiller

Pneumatophore hanté de vérités impossibles

échanges écorchés cicatrisés au saumâtre

Je m’appuie aussi sur mon épaule

*

J’ai gardé la mémoire de l’ombre

Comme vous j’ai un peu d’arbre en moi

je penche vers la lumière

*

La femme consoude m’attend au printemps

Algonquine aux trois feuilles

et mufle rose

Circé est partout

Le bien le mal

Avant juin il faudra partir

Lui offrir des fraises

noires

*

Le jardin est anthropomorphe

Si tu voyais

tu dessinerais le savoir

Mais la brume te mange aussi la tête

au matin

*

Tu es Mon Amour

Tu l’es et rien n’est trouble

La poésie

troisième œil

sert l’occulte et l’incertain

Tu es mon amour et tous mes poèmes sont à toi

 

 

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ERIC COSTAN

 

 

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Goxwa Borg - Tutt'Art@

 

Oeuvre Goxwa Borg