Ce mal andalou
Aussi tenace , aussi fou
Qu une entaille qui nous vide
A force de nous complaire dans une solitude
Qui nous habite et nous guide
Notre âme devenant un oasis réduit
Aux lambeaux de sang et d amour qui nous détruit
Des lieux qui renaissent en nous
Ces maux qui rapiècent nos corps désunis
Que de lourds silences ont sacrifié , ont tuméfié
Pour en faire des lots épris
Du jeu des mains qui sauvent puis s enfuient
Ce chant andalou aussi tenace
Que la lumière en cascade ,
Que les tresses dans leur embuscade
Que la démarche d une femme longeant les murailles
Jetant l ambre sur l ombre
Alimentant mon coeur de débris et de cendres
Faisant de moi prisonnier d une vision sombre
D un désir intraitable , flou et inguérissable
Comme le sont les calendes de la fin
Les supercheries du destin
Les lignes de ta main me condamnant au lointain
Le mal andalou aussi insatiable aussi fou
Que l enfant qui naît en nous
Mais que nous ne pouvons ni suivre , ni dompter
Et qui se meurt à chaque fois
Même si le monde était à notre portée
Pour nous réduire au poison de la colère et à l eau du regret
Prisonniers de nos cris et de nos écrits qui nous tuent

 

 

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ABDLILAH JORIO

 

 

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Nasser-Edine Boucheqif

Oeuvre Nasser-Edine Boucheqif