Attendre.
Combien de fils tirés des nuages, combien d’écorchures sur les rochers dans la lumière blanche pour que l’amour rentre encore sous la peau, comme une évidence.
Pour que tous les mots prennent chair dans la jupe des coquelicots, dans le vacarme d’un galop, quand ça tangue, dans la paume des cieux, le regard à l envers.
Tous les poissons volants lancés au clair de la lune, disparu, un à un, d’une main, d’un revers.
Une petite pointe d’acier dans la mémoire du goût de la pluie, pour que les champs soient encore verts.
Je me glisse dans ma robe de nuages en dentelle et le regard s’envole dans les jours laissés.
J’écoute dans la course du temps les dires du vent se nouer aux ramilles, comme des cheveux d’enfants.
Pourvu que mes semelles s’accrochent à la terre des géants, j’irai glaner encore les épis que les hommes ont éparpillés et tout l’or de l’automne, avant que la nuit ne frissonne jusqu’aux derniers rayons.
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© PATRICIA FORT
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Oeuvre Henri Lebasque