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Le fleuve cherche ses sources
murmures pressants
puissants
dans l'invasion des racines
dans la fraîcheur des mousses.
L'arbre pleureur
qui baigne ses branches
l'instable du regard
le secret taciturne
joyau noir et dur
sans raison
gardé dans l'inquiétude
et ces ailes soudain
qui portaient bien plus haut
bien plus loin…
Rencontres tout cela
rencontres hasardeuses
intenses.

Ruses du papillon volage
tout en couleurs
pour cacher un corps
sans grâce.
Ruses de nos mots
lueurs aveuglantes
pour dissimuler le fragile
le blessé
la peau nue de nos silences
le cri de nos vertiges.

Un poème sans importance
un air musé pour les anges
ou pour ceux au cœur troué
aux pensées urticantes
aux rêves sans mesure
plantés de travers
dans les châteaux de sable
un poème pour les incorrigibles
rêveurs ou passeurs d'étoiles.

L'âme est pleine à marée montante
l'âme est griffée
boiteuse par trop de cailloux
béante sur le vide
l'âme est découpée morcelée
en brisures palpitantes
mêlées déplacées
à jamais désajustées.

 

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AGNES SCHNELL

 

 

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florence dussuyer

Oeuvre Florence Dussuyer