Ils marchaient lentement sous le ciel de novembre,
En suivant un chemin qui longeait la yeusaie ;
Derrière eux l’horizon blondissait comme de l’ambre,
Mais ils étaient ensemble et cela suffisait.
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Dans le jour finissant ils se tenaient la main
Et allaient d’un pas lent sans échanger un mot,
S’étant dit bien plus tôt, tout au long du chemin,
Ce qu’il fallait se dire, sous les cieux abismaux.
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Maintenant que les ombres autour d’eux se rassemblent
Et dévorent les contours du domaine forestier,
L’un et l’autre immobiles au milieu du sentier
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Se sourient : ils attendent, sans que leurs yeux ne tremblent,
Que la nuit se présente et les prenne tout entiers…
Mais cela suffisait car ils étaient ensemble.
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Avviati n'u so passu suttu a un celi amavachjatu
A l'orlu d'un valdu chi c'insegna u caminu
Daretu, l'orizonti tali u suchju 'llu pinu
Pa' tenali accolti, fussi una ghjurnata
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U soli cappulendu intricciendu i so ditta
Grevu fù u passu e amatata a parola
Dispostu u fattu principiendu a viola
Chjariata a parola n'u cilestu infinitu
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Or' da a speria ecculi cinti
U bughju affuchendu a furesta avvinta
N'istrada tremindu,a so andatura spinta
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U surisu dattu, l'ucchjatura zuccata
Bramendu chi di a notti fussini purtati
So insembi a l'altari, pocu imprema u fattu
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MARC BONNANT
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