C’étaient de très grands vents en quête sur toutes pistes de ce monde,

Sur toutes choses saisissables, parmi le monde entier des choses…

Et d’éventer l’usure et la sécheresse au cœur des hommes investis,

Voici qu’ils produisaient ce goût de paille et d’aromates, sur toutes places de nos villes,

Comme au soulèvement des grandes dalles publiques. Et le cœur nous levait

Aux bouches mortes des Offices. Et le dieu refluait des grands ouvrages de l’esprit.

Car tout un siècle s’ébruitait dans la sécheresse de sa paille, parmi d’étranges désinences : à bout de cosses, de siliques, à bout de choses frémissantes

comme un grand arbre sous ses hardes et ses haillons de l’autre hiver, portant livrée de l’année morte;

Comme un grand arbre tressaillant dans ses crécelles de bois mort et ses corolles de terre cuite –

Très grand arbre mendiant qui a fripé son patrimoine, face brûlée d’amour et de violence où le désir encore va chanter.

 

 

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SAINT-JOHN PERSE

 

 

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VINCE MAMMATUS,

 

Photographie Vincia Ortoli