jeudi 3 mars 2022

LE TESTAMENT

Quand je mourrai, enterrez-moiDans une tombe au milieu de la steppeDe ma chère Ukraine,De façon que je puisse voir l’étendue des champs,Le Dniéper et ses rochers,Que je puisse entendreSon mugissement puissant. Et quand il emportera de l’UkraineVers la mer bleueLe sang des ennemis, alorsJe quitterais les prairies et les montagnesEt m’envoleraiVers Dieu lui-mêmePour lui offrir mes prièresMais jusque-làJe ne connais pas de Dieu ! Enterrez-moi et debout !Brisez vos fers,Et arrosez du sang impur des ennemisLa... [Lire la suite]

jeudi 3 mars 2022

IVAN PIDKOVA

Il fut un temps, en Ukraine, Où les canons grondaient ; Il fut un temps où les Zaporogues Savaient régner. Ils régnaient et gagnaient Leur gloire et leur liberté ; Cela est passé, seules sont restées Des tombes dans la plaine. Hautes sont les tombes Où sombrèrent dans le repos Les corps blancs des Cosaques, Drapés dans une toile écarlate. Hautes sont ces tombes, Noires, semblables aux montagnes, Qui conversent à voix basse, dans la plaine, De la liberté avec les vents. Ces témoins de la gloire des... [Lire la suite]
jeudi 3 mars 2022

LE TIRET DE L'AMOUR

En nous, mon amour, nous sommes toujours ensemble. Partout, mon amour, nous continuons ensemble. Nous sommes un et nous vivons de la vie l’un de l’autre. Le tiret de l’amour épouse nos deux corps. Lorsque les arbres se déshabillent, les bêtes et les hommes s’habillent. Je t’aimais dans chaque feuille, chaque fleur, chaque fruit. Je t’aimerai dans chaque flocon de neige, chaque rafale de vent, chaque poil de bête. Ta présence est immense, plus vaste que la mer. Je touche l’infini avec des mains vivantes. «Bonjour, mon amour !» Quel... [Lire la suite]
jeudi 3 mars 2022

LE BOIS D'EPAVE

Il y a des lieux qui nous mènent ailleurs, un arrêt sur image, une page arrachée, une tache blême sur un mur où il y avait un cadre, le sillage d’un bateau, les murs d’un village, une ornière de boue, le sourire d’une plage, la fadeur d’une fadaise, la hauteur d’une falaise, un mot d’auteur. Mon chant est trop petit pour les oreilles du monde. Mes pieds boitent comme un verbe éclopé qui se conjugue mal. Le même paysage accroche les regards. Chacun le voit à sa façon. Je n’ai rien demandé, mais le malheur rôde autour de moi. J’ai pris... [Lire la suite]