Que reste-t-il
Que nous restera-t-il enfin
Notre corps nous fuit
Vieux pull-over demaillé
C'est jusqu'à notre visage que le temps défait
Et puis, nous l'avions pressenti dès l'enfance
Nos parents nous abandonnent
Nos amis... aussi
L'arbre perd ses feuilles
Pertes blanches
Pertes rouges
Pertes noires
Un jour, c'est arrivé, le chêne de toujours
Le voici tombé, déraciné
Emportée la mémoire
La maison n'est plus la maison
Pourtant elle revient nous hanter
C'est elle qui frappe à notre porte
Mais nous sommes trop petits
Depuis notre château de sable
Nous regardons la mer qui arrive
Inéluctable
Nous tremblons
Le parfum d'une rose nous fait oublier l'impensable
Un temps brisé
L'homme que l'on croisait sur le chemin
Soudain s'efface du paysage
Sur notre épaule, la mort a posé sa main
Le train où l'on nous a poussés
Lors de cet improbable voyage
Est celui des fantômes
L'on se demande quel sera le prochain
Sur qui tombera la toile de l'araignée
Le frisson
Sur la peau de l'amant nous fait oublier l'impensable
Un cil tombe comme un aveu
Une pièce jetée au fond d'une fontaine
Vœu de beauté
Coule le chant d'une fontaine
Il pleut encore et nous avons tant pleuré
Que reste-t-il
Que nous restera-t-il enfin
L'étoile de source
Cristalline, limpide de tout péché
Une histoire sans fin

 

.

 

.

 

.

ANNA MARIA CARULINA CELLI

.

 

.

.

 

.

LILIA2



 Lilia Alavarado