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L'arbre dont je descends ?
L'olivier où je croîs à traversé les sables et les vents
Ogliastru
Quoique son corps se fende sous l'étreinte du temps
Que le poids de ses fruits alourdisse ses reins
Au chant du coq, le matin
Sans plier un genou, entonne sa prière
Lève ses brassées à l'abord du ciel
Son tremblement du souffle se fait rivière
Soulève les torrents
À chacun de ses doigts bat un papillon d'argent
À foison, les branches déploient leurs brèves ailes
Le nuage murmurant chancelle
L'arbre se penche, s'envole
Baigner ses racines au bord des mers italiennes
Les rousses rives maures
L'écume castillane
Longue turquoise chevelure méditerranéenne
Je suis de la griffe des montagnes
Sous tout rayon de soleil
Je suis chez moi
La pierre qui dore la mémoire
Ma maison des eaux-delà
Par le mystère d'un psaume
L'autel dressé d'une cathédrale
Je reconnais les cimes, mes os de là
O Monte Rotondu
Je suis chez moi
Delà deçà les monts, les tours du palais
Dans le vrombir de l'averse
La goutte aveuglée de pluie
Je sais le fiume à l'assaut des rochers
Fougueux Tavignanu courant les corridors
Dévalant la vallée
Mare a Mare
Jusqu'au Rif inconnu
Apparue au milieu des feuillages ruisselants
La chanson douce de l'oued Za
La montagne c'est chez moi
La mouette, le pigeon, le corbeau
Le petit moineau de la ville
Par l'arc tendu de leur aile
Tracent pour moi la courbe noire de l'aigle
Mon royaume des cieux
Cérulescente aghja sans frontières
Que signe l'éclat d'une serre
L'arbre dont je descends ?
L'olivier où je croîs est une forêt ardente
Flamme parmi les flammes
J'aspire, en moi, à unir d'une même clarté
L'argile et l'immortelle
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ANNA MARIA CARULINA CELLI
Poèmes
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