Sous la Punta di Corbo

J’irai, dans ce lit de fougères où bruissent des ruisseaux luisants comme des couteaux, traquer la trame d’un poème aux tons d’ambre, d’or brun, de tabac. J’irais si je savais comment entrer dans la tapisserie de l’automne, où ressortir avec, au creux des mains, la preuve vive que les nymphes n’ont pas fui.
J’aurais pu, sans nul doute, aller ; mais j’ai vu les runes et les troncs coupés, l’écriture des fonds trahis, lorsque l’eau se retire et laisse des indiennes pourrissantes sur la page d’un sable incertain. J’ai craint alors pour ma parole. L’hiver déjà guettait sur des lointains neigeux.

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PIERRE ALAIN TÂCHE

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PUNTA DI U CORBU 4

Photographie Richard Varennes