Si ce n'est maintenant Demain
Tu auras une autre chance
D'ouvrir tes doigts
Semer des roses, du pain chaud, des caresses
Tu es le semeur, la pluie, le soleil
La terre, la résurgence
Aussi la nuit qui prépare les couleurs
Et la fleur endormie
Et la fleur éclose
Et la promesse de la rose
Tu as traversé les hommes, les poings serrés
Tu n'as pas offert tes lèvres
Tu les as échangées ou vendues
La honte te jette sur le dos un manteau de ferraille
L'amplitude du geste te pèse, te coûte la peau
Lorsque tu desserres les mains c'est pour prendre
Ou voler à forces de grimaces
Ta bouche connaît le secret du sourire
La faiblesse des souffrants, le miel des mots sur l'histoire
La bonne parole contre la palpitation d'un cœur
Comment, crois-tu, répandre la jouissance si tu n'as d'abord joui
Envelopper un corps sans attendre la délivrance
Faire l'amour, ayant renoncé au butin de la guerre ?
Tu n'es jamais perdant Perdu
De celui que tu altères, tu accuses la soif trop vaste
N'as tu pas bu toute l'eau de la rivière ?
N'as-tu pas nourri l'orage, la colère
Pourquoi fuir quand il pleut?
La honte du voleur est ta prison de feu
Si ce n'est maintenant, demain peut-être
La porte de ta geôle est un entre bâillement
Le jour vient, tu t'éveilles
Tu nais
L'aurore est ta mère
L'oiseau est ta mère
Le corps de l'autre est ta mère
Son absence et le vent, ta mère encore
Tu as une autre chance
D'apprendre, de la lumière, le pas de danse
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 ANNA MARIA CARULINA CELLI
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