"Chaque individu, chaque visage humain, chaque vie, n'est qu'un court rêve de plus fait par l'esprit infini de la nature, par la volonté obstinée de vivre, n'est qu'une forme éphémère de plus qu'elle dessine comme en jouant sur sa feuille sans fin.
.
Chacun qui est sorti de ses premiers rêves de jeunesse, qui considère son expérience propre et celle d'autrui, qui a promené son regard dans la vie, dans l'histoire du passé et de son époque, et enfin dans les oeuvres des grands poètes, celui-là, à supposer qu'aucun préjugé profondément ancré et indélébile ne paralyse sa faculté de juger, admettra la conclusion que le monde des hommes est l'empire du hasard et de l'erreur qui y gouvernent sans pitié, à petite comme à grande échelle, épaulés par la bêtise et la méchanceté qui agitent leur fouet.
.
Le riche comme le pauvre ne jouissent pas de leurs biens, puisque, ainsi que nous l'avons montré, ceux-ci n'agissent que négativement, mais seulement de ce qu'ils espèrent obtenir par leur affairement. Ils avancent, avec beaucoup de sérieux, et prennent même un air important ; c'est exactement de cette façon que jouent les enfants."
.
.
.
.
.
.
ARTHUR SHOPENHAUER
.
.
.
.
.

HERVE DESACHE2,

Oeuvre Hervé Desache