EMMILA GITANA

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

dimanche 15 novembre 2009

VICTOR JARA - 1932-1973

« On amena Victor et on lui ordonna de mettre les mains sur la table. Dans celles de l'officier, une hache apparut. D'un coup sec il coupa les doigts de la main gauche, puis d'un autre coup, ceux de la main droite. On entendit les doigts tomber sur le sol en bois. Le corps de Victor s'écroula lourdement. On entendit le hurlement collectif de 6 000 détenus. L'officier se précipita sur le corps du chanteur-guitariste en criant : " Chante maintenant pour ta putain de mère ", et il continua à le rouer de coups. Tout d'un coup Victor essaya péniblement de se lever et comme un somnambule, se dirigea vers les gradins, ses pas mal assurés, et l'on entendit sa voix qui nous interpellait : " On va faire plaisir au commandant. " Levant ses mains dégoulinantes de sang, d'une voix angoissée, il commença à chanter l'hymne de l'Unité populaire, que tout le monde reprit en coeur. C'en était trop pour les militaires ; on tira une rafale et Victor se plia en avant. D'autres rafales se firent entendre, destinées celles-là à ceux qui avaient chanté avec Victor. Il y eut un véritable écroulement de corps, tombant criblés de balles. Les cris des blessés étaient épouvantables. Mais Victor ne les entendait pas. Il était mort. »

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MIGUEL CABEZAS

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Fils de paysans, sa mère lui enseigne les rudiments de la guitare et il s'initie au chant à l’église. Il débute sa carrière en intégrant le chœur de l’Université du Chili. Puis il rentre à la Compagnie des mimes et étudie le jeu et la direction des comédiens à l’École du théâtre de l’Université du Chili.

Il intègre le groupe Cuncumen, où il rencontrera Violeta Parra, la mère de la chanson chilienne moderne. À 27 ans, il monte sa première pièce et voyage à travers l’Amérique du Sud. Il enregistre également ses premières chansons (de Violetta Para) en chantant comme soliste du groupe Cuncumen. Puis il intègre le groupe Quilapayun, avant de débuter une carrière solo avec un premier disque en 1966.

L’année suivante, il signe chez EMI-Odeon qui édite son trente-trois tours intitulés Víctor Jara et Canciones Folklóricas de América, avec Quilapayún. Dans le même temps Jara poursuit sa carrière de directeur de théâtre, montant et dirigeant des pièces souvent engagées. Lors du premier Festival de la Nueva Cancion Chilena en 1969, il remporte le premier prix. Militant dans l’âme, il se rend cette même année à Helsinki chanter pour la paix au Vietnam. Il sort un nouveau disque intitulé Pongo en tus manos abiertas.

Militant du parti communiste Chilien, membre du Comité central des jeunesses communistes du Chili jusqu’à son assassinat, Jara a, au travers de ses textes, cherché à faire partager son idéal de justice et sa volonté de recontruire une société plus égalitaire et plus juste. Les paroles de Jara sont souvent très engagées et très politiques. Ce sont des chansons de luttes dans lesquelles il s’adresse directement au peuple Chilien ou Sud américain, à cette cohorte de paysans, ouvriers, travailleurs et révolutionnaires. Il devient le porte-parole des plus démunis, de ceux à qui la parole est confisquée.

En 1970, il renonce à son poste de directeur de théâtre et participe à la campagne électorale de la Unidad Popular en allant chanter dans tout le pays. Parallèlement, il sort un nouveau LP, Canto libre et l’année suivante El derecho de vivir en paz, qui le voit désigné meilleur compositeur de l’année 71. Parallèlement à sa carrière de chanteur, il participe à la composition d’une musique de ballet et est nommé Ambassadeur culturel du Gouvernement de l’Unité populaire de Allende. Malgré ses activités intenses, il sort en 1972 son nouveau disque, La poblacion.

En 1973, il participe à la campagne électorale pour les élections législatives en donnant des concerts en faveur des candidats de la Unidad Popular. Puis il s’attèle à l’enregistrement de deux disques qui ne sortiront qu’à titre posthume.

En effet, le 11 septembre 1973, date du coup d’État intenté contre Allende, Jara se rend à l’Universidad Técnica del Estado, son lieu de travail, rejoindre d’autres professeurs et élèves pour manifester son refus du nouveau pouvoir en place. Les militaires, après avoir encerclé l’université, y pénètrent et arrêtent toutes les personnes se trouvant à l’intérieur.

Jara est déporté au Stade Chile de Santiago, reconverti en immense prison, où durant plusieurs jours, il apporte soutien et réconfort à ses camarades de détention. Il chante même pour ses codétenus afin de leur redonner courage. Interrogé et torturé, les militaires lui brisent les doigts à coup de crosse, ces mains qui caressaient sa guitare, les voilà saccagées. Mais la barbarie ne fait que commencer, tant pour Jara que pour le peuple Chilien. L’écrivain Miguel Cabezas témoin des dernières heures du chanteur livre un récit devant lequel l’horreur suscite la révolte ...( Voir ci-dessus ) Il meurt le 16 septembre, peu de temps avant de fêter ses 41 ans. Son corps, criblé de 34 impacts d’armes automatiques, est retrouvé avec cinq autres personnes à proximité du cimetière métropolitain.

Pour le pouvoir militaire, tuer physiquement Jara est bien, mais insuffisant. Il faut réduire l’homme au silence définitif et, pour ce faire, détruire son œuvre. Les séides de Pinochet exécuteront ces basses œuvres en détruisant les masters de quatre de ses disques et en interdisant la publication des quatre derniers. Mais ils se trompent lourdement car on ne tue pas des idéaux avec des balles et les refrains de Jara continuent d’être dans toutes les têtes et sur toutes les lèvres. Les Chiliens garderont toujours au fond d’eux les chansons de Jara pour les accompagner dans ce voyage au bout de la nuit de la dictature de Pinochet.

Aujourd’hui, l’horreur a cessé et le sang a séché. Le Chili n’en a pourtant toujours pas fini avec ce passé qui ne passe pas. Le Stade Chile de Santiago, lieu de déportation et siège de tant d’horreurs, d’exactions et de tortures, porte désormais le nom de Victor Jara, chanteur humaniste engagé, citoyen qui jusqu’à l’heure de sa mort fit preuve d’un courage exemplaire, payant de sa vie son idéal de justice pour avoir simplement El derecho de vivir en paz.

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vendredi 23 octobre 2009

MEURTRES EN SERIE AUX ÎLES FEROE...HONTE AU DANEMARK

CHAQUE ANNEE, CE MASSACRE BRUTAL ET SANGUINAIRE SE REPRODUIT DANS LES ILES FEROE, QUI APPARTIENNENT AU DANEMARK, UN PAYS SUPPOSE " CIVILISE ", MEMBRE DE L'UNION EUROPENNE. TROP PEU DE PERSONNES SUR TERRE ONT CONNAISSANCE DE CET EVENEMENT HORRIBLE ET DEPOURVU DE SENSIBILITE QUI SE REPETE CHAQUE ANNEE. CE MASSACRE SANGUINAIRE SERAIT LE FRUIT DE JEUNES HOMMES QUI Y PARTICIPENT POUR DEMONTRER QU'ILS ONT ATTEINT L'AGE ADULTE !!!....DE TOUTE FACON QUELQU'EN SOIENT LES RAISONS, IL EST ABSOLUMENT INADMISSIBLE D'ACCEPTER DE LA PART DE PAYS, ET QUI PLUS EST D'UN PAYS EUROPEEN CES CRIMES HORRIBLES ET QUI FONT HONTE AU GENRE HUMAIN. IL FAUT QUE CETTE BARBARIE CESSE. UNE BARBARIE CONTRE LE " GLOBICEPHALA MELAENA ", UN DAUPHIN  QUI A LA PARTICULARITE DE S'APPROCHER DES GENS PAR CURIOSITE...ET PEUT-ÊTRE  AMITIE COMME BEAUCOUP DE MAMMIFERES

LETTRE ENVOYEE AU PREMIER MINISTRE DANOIS

Dear Sir,



I would ask you to view the following images. They depict the grisly – and as I understand – annual slaughter of pilot whales on the coast of the autonomous region of Dinamarca.

We in Europe get so upset about the massacre of dolphins the Japanese revel in each year – when under our very nose the same happens practically on our doorstep.

I once saw a documentary about the Faroers and the not-EU conforming slaughter (throat cut without prior stunning) of sheep, and residents of the community documented expressed their relief at not being part of the EU .. because that would mean they could no longer perform this particular type of slaughter legally – which, after all, they see as a tradition … naturally one, like so many traditions - and this whale massacre is no exception there – it is nothing the animals in question would miss if it were given up – at long last in the "enlightened" 21st century (which some apparently still confuse with the Middle Ages).

I cannot stress strongly enough the absolute barbarity of this "hunt".

It's mere existence, that is, the fact that it is accepted and obviously permitted by yourself and your government, constitutes a very ugly smirch on the Faroers as a whole.

Needless to say really – this does not motivate me to ever visit the Faroers – I would not willingly invest into the next such show of low and wholly unacceptable Human behaviour towards ultimately defenseless animals.

It is disgusting in the extreme.
I call upon you to end it.

Sincerely,

Diana Hartig

Finkenweg 8
71720 Oberstenfeld
Germany "

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Je ne vois pas de délégation de nos frères à quatre pattes. Je ne vois pas de siège pour les aigles.
Nous oublions et nous nous croyons supérieurs.
Mais nous ne sommes en fin de compte rien de plus qu’une partie de la Création. Et nous devons réfléchir pour comprendre où nous sommes situés.
Nous sommes quelque part entre la montagne et la fourmi.
Quelque part et seulement là Comme partie et parcelle de la Création.

Extrait d’un appel aux Organisations non gouvernementales des Nations Unies, Genève, Suisse, 1977

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OREN  LYONS

Amérindien Iroquois Onondaga











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mardi 20 octobre 2009

L'EMPATHIE

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samedi 12 septembre 2009

INDIGNATION, ATTEINTE AU RESPECT DE LA VIE

http://www.milema.canalblog.com

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" Aujourd'hui, l'Article que Milema-Arte pose dans cet espace n'aura rien d'un Dauphin de Bois Flottés évoqué au fil des doigts imaginatifs de l'artisan, ni de ces fleurs de Montagne qui inondent Août et la clairière d'altitude au cœur de la sécheresse. Il ne s'agit pas non plus de l'un de ces envols vertigineux au-dessus des vagues où l'homme plane, retient son souffle pour mieux contempler et aimer la vie, embrasser d'un regard bleu " le Respect de la vie " .

Je relis encore et toujours A. Schweitzer, Théodore Monod, Antoine de St Exupery, Albert Camus et tant autres esprits lumineux et rassurants... Et je ne comprends pas l'intolérance, l'injustice, la cruauté immanente des hommes envers le règne animal, envers la vie qu'il qualifie d'inférieure, la maltraitant sans discernement ni ménagement, la vie ensanglantée au quotidien!

Je roule lentement, nous allons prendre notre repas de midi . Septembre s'isole et diffuse alentour une lumière amoindrie, presque pesante. Le ciel encombré donne enfin les premiers orages de l'été. Je pense profondément en empruntant la petite route de campagne qui m'emporte vers le foyer; le paysage est si familier, il s'endort et s'étire dans les champs roussis et couverts d'éteule,
de ces fourrages couleur feu, de lune, comme pourrait l'être la fourrure comblée de joie d'un Renard libre.
En arrivant sur un petit pont, bordé de deux murets de pierres taillées, j'aperçois un animal allongé, un petit Renard.
Posé sur sa pierre tumulaire tâchée de sang, il semble dormir, presque apaisé; il a souffert. J'appréhende le forfait, le crime animalier, je sais que ce petit être est mort brutalement !
Mais c'est avec stupeur que je découvre la turpitude de la macabre mise en scène où la mort est exaltée sauvagement. Mort ostensible, ostentatoire et lâche, blessure béante et saignante, répugnante comme les plus archaïques de nos structures cérébrales capables d'engendrer la barbarie, la sauvagerie de ces êtres innommables et indignes de la vie au royaume du genre humain agressif...
La gorge du petit animal, de ce petit être qui ravit les contes et les fables, les dessins animés, l'imaginaire fécond de nos enfances, est soutenu par des bois fourchus et acérés, le corps du Renard a été allongé, aplati sur le granite pour mieux exhiber l'horrible et large blessure, le trou morbide qui lui ravage le collier. Il a fallu au tueur tout le vice et la vilénie pour étudier et flanquer la dégradante posture de l' être inférieur banni, marqué du sceau des superstitions dépassées. Les croyances brandies aux sommets stupides de l'inintelligence et du sadisme s'affichent encore tristement de nos jours, à ciel ouvert, aux fonds des traditions, comme les perversités nécessaires d'un monde décadent, bardé d'œillères!
Je suis là, consterné, sans rien dire. Mon âme s'emballe, hurle en silence indignation et révolte. Mon incompréhension ricoche et me revient comme un hymne à la souffrance, à l'intolérance gonflée d'atavismes désopilants, simplets et de mauvais terroirs, une ode à la bêtise et à la méchanceté, un instinct indéfectible de dominance primaire.
Il n'y a qu'un pas entre de tels actes perpétrés contre l'animal et le crime justifié de piètres idoles, de basses fins hégémoniques.
J'entends le Petit Prince et le Renard, j'ai envie de pleurer comme on s'effondre devant le crime et l'opprobre à la vie. Je veux fuir de telles terres, je ne suis pas de ce monde!
J'ai osé ces photographies, sous tous les angles et froidement pour cracher avec mes yeux, avec le plus grand mépris sur de tels actes qui souillent notre voie, nos chemins, le sens unique et beau de l'existence.
Et même si la Nature devait porter, assumer elle aussi, les témoignages immanents d'une certaine cruauté envers les créatures plus faibles, l'homme s'est ici déchu, déchargé, accusé de toutes les plus iniques préméditations, pour l'éternité .
Il est des contrées où de telles images susciteraient une réaction immédiate de désapprobation et d'écœurement...
Ici, je sais, loin du Petit Prince et du Renard apprivoisé, loin de l'écrivain de Terre des Hommes, on bâtit des citadelles d'argent aux colonnes de papier mais on ne préserve pas l'âme, dépossédée peu à peu de toutes les sentinelles  fidèles à la vie, à l'amour et à la tolérance.

J'ai pris ce petit Renard aux couleurs de l'automne et des fougères chaudes des alpages, et je l'ai rendu à l'humus du sous-bois, aux bruissement tristes des feuilles de la forêt, aux murmures dolents de l'eau du ruisseau orphelin.

J'ai quitté la portion de route avec l'amère certitude de croiser chaque jour ce petit pont, où la mort a été lamentablement souillée et profanée. Une route, un chemin quotidien balafré et endeuillé de toutes les misères du monde.

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CRISTIAN-GEORGES CAMPAGNAC

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Nous postons ces Photos, avec consternation, pour que cessent ces actes de barbarie, l'indifférence, l'indécence, pour que viennent enfin  " ces jours couleur d'orange et d'épaule nue " chers à L. Aragon!

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samedi 15 août 2009

SALVEMU RIZZANESE

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vendredi 17 juillet 2009

URBANITUDE

N'y voyez pas de sensiblerie, de ces obsessions " d'écolos "en mal d'être et de vivre, encore moins de ces états d'âmes qui accompagnent dans les salons quelques destins aisées aux teintes roses et chatoyantes, de satin et de mousseline.
Je ne suis pas littérature et encore moins redresseur de torts, je ne prétends pas refaire le monde ni  m'accorder la responsabilité de ce jugement dernier, de justicier planétaire!
Mais convenez, que ce qui nous arrive touche au ridicule, au non-sens, à la déraison d'état, à la démesure et surtout à la négation ubiquiste, conquérante de la dignité du genre humain...
De nos urbanités à l'urbanitude, du temps compressé au temps monnayé, nous voilà embarqués dans le train fou et la frénésie de consommations inutiles , pris dans une tourmente qui exclut toute pensée, toute compassion, tout regard sur notre prochain qu'il soit humain ou animal, voire existentiel.
J'habite une ville, qui comme tant d'autre n'est plus qu'un chaos d'individualités en délires, une folie en mouvement, une juxtaposition de besoins et d'envies aussi éloignées de la vie que ne l'est la mort programmée de ce que l'on dénomme le progrès, l'évolution.

La zone industrielle a colonisé les bords de mer et des kilomètres de Côtes, faisant d'un littoral insulaire un gigantesque comptoir de la distribution et du superflu... On y a réussi le pari dantesque des noces de l'or bleu et de l'or noir sur le dos argenté des devises, aux doigts bagués de la possession blasphématoire!!!
Je suis d'une entité régionale qui voit revenir tous les ans le temps fracturé, cloisonné, enclavé comme la prison des foules aux cellules saturées de ces âmes sans saisons que la société et ses systèmes embrigadent. J'assiste à ces lourdes migrations saisonnières, comme à un lâcher de fauves dans l'arène chauffée à blanc des villes du soleil aux plages souillées, aux campagnes incendiées, aux décharges immondes.
Je suis prisonnier dans des embouteillages gigantesques et je ne prends pas mon mal en patience parce qu'autour de moi je sens la charogne et la putréfaction des animaux de compagnie abandonnés sur les routes, morts de faim, de soif, ou écrasés, comme s'éternisent en silence les logiques meurtrières d'États, les pertes inévitables du bitume et de l'acier. Je hume ces vents planétaires aux goûts fétides, aux suints collants de la mondialisation des mœurs et des nouvelles coutumes.

Les joies aux peines se fondent dans le tollé général de la délivrance et des souvenirs de sources.

Le Bonheur des uns et le malheur des autres s'ignorent et l'on se console ainsi des avatars et des avanies de ce monde en pleine effervescence estivale.
En entrant dans le supermarché, là où l'on vend délibérément les denrées de l'industrie gorgées de pesticides et d'antibiotiques, ces tonnes de sang et de viandes abattues, je côtoie le mendiant qui me tend la main au son d'un accordéon triste, de l'orgue de barbarie jouant un air à remonter le temps de l'Est dans l'air torpide du béton et la solitude affligeante, ordonnée en épis lucratifs des parkings.

Je vois les surplus et les denrées alimentaires, aux dates périmées, partir aux ordures de la ville... Ce n'est pas la campagne de la solidarité spectacle menée tambour battant!

Les charriots de plus en plus garnis et plus gros se croisent, cachent l'indigent et son petit chien dans la cohue inorganisée de l' été mesuré qu'il faut à tout prix consommer, dépenser, épuiser. Et dans les rayons, ça bouchonne et ça grince, le temps presse encore, c'est une habitude qui se renforce pendant le temps libre.
Pas un mot, pas un échange, le propos est rare ou méfiant, presque suspect! Et ce sont des villes, des pays, des Europes qui se côtoient, affairés devant ces étalages indécents jetés en pâtures aux consommateurs abusés afin qu'il y perdent liberté et temps, leurs jours mis en menues pièces, inlassablement gagnés, désespérément noyés, innocemment glanés comme des leurres.
C'est ainsi que pour accéder aux mêmes lieux, palper les mêmes rêves, chaque auto, avion et bateau se suit, se colle  l'un à l'autre, voyages ou dérades déjà achetés ou vendus qui iront aux commerces du soleil et de l'azur travestis d 'urbanités, de clichés et de mensonges érigés en lieux communs, en authenticité destituée;
C'est ainsi que la nature expire, que la mer étouffe au milieu de l'été des méduses sillonnée de gens pressés, que l'air opaque et glauque montent des artères bouillantes, saturées de la vallée et tire sur la clarté aurorale des montagnes le linceul estival de gaz et de poussières.
Dans l'effervescence de la ville, le goudron et la terre en deuil fondent, ils exsudent une moiteur grasse en guise d'humidité du bord de mer; elle se transforme en nuages épais, étouffants, donnant aux rayons du soleil le droit imprescriptible de vous mordre et vous brûler.
Mais il existe aussi les grandes surfaces du soins et de la santé de saison, on y vend toutes sortes d'antidotes aux forfaits des humains perpétrés contre la fraîcheur et les douceurs d'antan... Elles ne désemplissent pas, on y trouve les élixirs de jeunesse et de nouvelles jouvences!
Ainsi chemine l'imagination des hommes prompte à détruire, à bouleverser le monde et la nature pour leur substituer ses propres sources de richesses .

Comme il est triste d'être de ce convoi fatal, pris dans l'engrenage, comme une roue asservie aux dents meurtrières d'un mécanisme que le profit alimente. Il existe des retraites, des îlots, mais ils recouvrent souvent des allures de fuites et d'isolement.

Et quand l'incendie surgit aux jours de grands vents et de renverse, que le pompier donne sa vie pour sauver autrui et le temple de la nature, la vie continue, âcre et brûlante aux feux de joies de l'été qui se prolongent tard dans la nuit presque étoilée,  baignée de l'insouciance qui nous est mesurée.

L'invasion est totale, les soupapes se sont ouvertes, elles sont commandées d'en haut, il n'y a rien à faire que de se trouver happé, broyé et cuit dans la grand-messe de l'été, des vacances que les billets classent, affichent et destinent. Les sympathies iront aux plus offrants, la pièce de théâtre se joue le temps d'un été en quatre actes mensuels... L'hiver et ses tempêtes effaceront  les blessures d'une occupation que les comptes tolèrent.

Entre servitude et urbanitude, il n'y a qu'un pas que le moteur à explosion et l'épargne franchissent de plus en plus lentement sur les routes grégaires de nos libertés confisquées, sur les chemins de nos jardins d'enfants et du temps perdus.

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Épilogue

 

Ne m'en voulez pas, je suis de ce monde, je vis et ressens la fracture, la césure de l'homme et de son milieu, je demeure sur la scène tragique, au bord des nations et d'une civilisation aux abois .

Je me souviens de juillet, de ses brises azur et cristallines, d'Août quand nous posions une tente sous le pin dans la solitude des algues et des dunes; le soleil était tendre et la brise si fraîche qu'elle nous imposait à l'ombre l'étoffe du soir.

Les nuits étoilées étaient silencieuses et claires, espérantes comme une attente, un espoir. Et chaque jour s'annonçait de ces découvertes, d'un renouveau à jamais attendus, si rassurant, comme le don de la vie à la nature qui vit en toutes choses.

Le monde est multiple, de joies et d'horreurs, depuis la nuit des temps. Ce n'est pas une fatalité et plus que jamais, je suis de ceux qui, de plus en plus nombreux,  appellent à l'insurrection des consciences pour que cesse définitivement l'impérialisme des modèles bloqués et dominants de sociétés qui nous poussent irrémédiablement vers une cruelle et meurtrière impasse de feu, de sang et de morts à retardement .

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Pasquin d'OTA

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Selim_Saiah

Oeuvre Selim SAIAH


mardi 14 juillet 2009

LE COÛT DES CEREMONIES DU 14 JUILLET...

En 2008, le coût total des cérémonies du 14 juillet est toujours aussi difficile à calculer. Ce que nous savons : les tribunes ont encore coûté 1.500.000 euros, financées par le Ministère de la Culture et de la Communication, Sous-direction Monuments historiques. Elles disposaient de 16.500 places assises pour la Présidence de la République, la tribune présidentielle comportait 1.500 places.On peut estimer que l’envoi des invitations a coûté au moins 100.000 euros. Le buffet pour le garden-party de l’Elysée réunissant 4.500 invités : 342.000 euros (mais il y avait d’autres buffets dans d’autres jardins…). 45 avions militaires français prirent part au défilé, pour un coût minimum de 1.575.000 euros l’heure. Les véhicules militaires légérs consomment au moins 10 l de carburant sur 100 km, leurs réservoirs contiennent 82 l. Les militaires reçoivent une prime d’au moins 30 euros/jour, pour environ 8 jours de participation. Vous pouvez téléphoner à la société Bodygard, entre autres, pour connaître les montants facturés pour leurs services.

Conclusion : différents ministères participent au financement, ce qui rend notre enquête très difficile. Avec les quelques chiffres que je viens de glaner, nous arrivons déjà à la somme de

3 522 000 euros que l’on devrait certainement multiplier par quatre....

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Source :       http://www.bakchich.info

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Il ne faut pas oublier le coût du fameux concert " gratuit ",( c'est malgré tout nous les contribuables qui payons...!!!) du 14 Juillet qui s'élève en 2009 à 1.900.000 Euros, dont 600.000 attribués à la vedette " phare" de ce concert, vedette qui a émigré en Suisse avec tous les  avantages fiscaux que l'on connait et qui ne paie pas ses impôts en France...!!!!

Source:   Emission " les grandes gueules" du 14 Juillet 2009 RMC

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BUDJET_CULTURE_COMMUNICATION



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lundi 13 juillet 2009

ABANDON ....

À travers le taillis de la nature énorme

Flairant l'éternité de son museau difforme

Là, dans l'ombre, à tes pieds, ton chien voit Dieu

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VICTOR HUGO

Fifille

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" Fifille ", au volant du vieux C15 - elle est montée sans crainte, pour la première fois - qui se souvient de son ancienne famille, elle revit ici, avec un réalisme étonnant,  une scène familière; je vois dans ce regard lointain l'acte lâche et cruel de l'abandon, toute la tristesse des liens brisés à jamais... Sa proximité me touche et m'interpelle quand elle me devance et attire vers moi sa merveilleuse progéniture si bien soignée.

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" Poupée" , en convalescence à la maison, attend avec Fifille une adoption définitive ... Elle est tatouée, stérilisée et surtout très affectueuse.

Ces êtres ont dans le regard toute la profondeur du cœur, de la fidélité et de la reconnaissance. Quelques heures passées en leur compagnie et c'est une autre monde qui s'ouvre. Un repas partagé, des  ébats et quelques mines d'affection suffisent à créer des liens indéfectibles.

La chienne noire, dont l'ombre traîne au sol sur les traces géométriques et parallèles de l'indifférence, raconte tristement l'errance esseulée. la terre surchauffée, reflète ses mamelles de louve; il fait très chaud, sa démarche est pesante. Elle a eu une portée de dix chiots;  Six ont déjà été adoptés! Il en reste QUATRE, qu'elle allaite et garde de très près... Elle m'a octroyé sa confiance, et je lui rends au centuple ce témoignage qui est aussi pur que chacun de ces petits chiots.
Ils sont adorables, noirs et caramels et partagent ensemble la vie sauvage dans une tanière de toute beauté, au milieu des myrtes, au bord de la mer. Et quand vient le soir, dans la moiteur de la brise marine et les pourpres du ciel, je voudrais, rien qu'un instant partager la cène authentique couronnée d'étoiles, le regard tourné vers la croix du Sud.

Mais je me ravise aussitôt, l'errance, la vie vagabonde sont comme les jeunes années, elles ne peuvent plus durer ni s'éterniser; le danger veille, les prédateurs sont partout, très nombreux, animés ou métalliques... Il faut un toit pour les amis des hommes, pour ces êtres qui une vie durant accompagnent et soutiennent la cécité, la solitude, la vieillesse et le fils  malade de l'homme.
Passer à côté de l'affection, de l'amour de nos compagnons d'aventure, en détourner l'attention du pied, c'est se priver durement d'un pan de vies. C'est aussi se masquer les yeux du cœur face aux questions majeures que l'existence dépose sur notre chemin.

Je me retourne, j'entends des aboiements, une plainte, qui montent des rivages surpeuplés, on dérange la portée; la chienne affolée, court et dissuade, ne sait plus être ce qu'elle fut parmi nous.

Elle habite au milieu de quelques îlots de nature aseptisée, souillée. Elle décline la fuite, la peur, la soumission parfois et l'angoisse... Sa silhouette efflanqué dit toute la promission d'une mère pour ses chiots qu'elle balance et qui la déséquilibre à chaque foulée vitale que l'été ébranle.

C.G  CAMPAGNAC

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Petits_coeurs_1

Un aperçu des chiots à donner, métissés Labrador - 1 mois et demi - Ces animaux sont abandonnés et leur adoption s'accompagne d'une procédure par Association ( Vaccination, "puçage" pour les petits+ stérilisation pour les mères et dossier de traçabilité ) .

Se rendre sur le Site de Martine:

protection canine extrême sud corse

TEL : 06 20 80 33 43


ou


Cristian et Caroline

TEL :   04 95 74 25 18

06 29 89 64 21 

  En soirée, après 20 h ou sur portable

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Au fond du vieux refuge, dans une niche en bois,
Depuis deux ans je purge, d'avoir trop cru en toi.
Tous les jours je t'attends, certain que tu viendras,
Tous les soirs je m'endors, sans que tu ne sois là.

Pourtant je suis certain, je te reconnaîtrai,
Viens me tendre une main, je te la lécherai.
Tu te souviens très bien, quand je sautais sur toi,
Que tu me caressais, que je dansais de joie.

Que c'est il donc passé, pour que ce 16 juin,
Heureux que tu étais, je me rappelle bien,
Tu sifflais, tu chantais, en bouclant les valises,
Que tu m'aies attaché, là, devant cette église.

Je ne peux pas comprendre, et ne croirai jamais,
Que toi qui fus si tendre, tu sois aussi mauvais.
Peut-être es-tu très loin, dans un autre pays,
Mais quand tu reviendras, moi j'aurai trop vieilli.

Ton absence me pèse, et les jours sont si longs,
Mon corps s'épuise, et mon cœur se morfond.
Je n'ai plus goût à rien, et je deviens si laid,
Que personne, jamais, ne voudra m'adopter.

Mais moi je ne veux pas, que l'on me trouve un maître,
Je montre bien mes dents, et je prends un air traître,
Envers qui veut me prendre, ou bien me caresser,
Pour toutes illusions, enfin leur enlever.

Car c'est toi que j'attends, prêt à te pardonner,
A te combler de joie, du mieux que je pourrai,
Et je suis sûr, tu vois, qu'ensemble nous saurions,
Vivre des jours heureux, en réconciliation.

Pour cela, je suis prêt, à faire de gros efforts,
A rester prés de toi, à veiller quand tu dors,
Et à me contenter, même si j'ai très faim,
D'un vulgaire petit os, et d'un morceau de pain.

Je n'ai jamais rien dit, lorsque tu m'as frappé,
Sans aucune raison, quand tu étais énervé,
Tu avais tous les droits, j'étais à ton service,
Je t'aimais sans compter, j'acceptais tous tes vices.

Tu m'as mis à la chaîne, ou tu m'as enfermé,
Tu m'as laissé des jours, sans boire et sans manger,
J'ai dormi bien souvent, dans ma niche sans toit,
Paralysé, raidi, tellement j'avais froid.

Pourtant, si tu reviens, nous partirons ensemble,
Nous franchirons en chœur, la porte qui ressemble,
A celle d'une prison, que je ne veux plus voir,
Et dans laquelle, hélas, j'ai broyé tant de noir.

Voilà, mon rêve se termine, car je vois le gardien,
Puis l'infirmière, et le vétérinaire plus loin,
Ils entrent dans l'enclos, et leurs visages blêmes,
En disent long pour nous, sur ce qu'ils nous amènent.

Je suis heureux, tu vois, car dans quelques instants,
Je vais tout oublier, et, comme il y a deux ans,
Je m'endormais sur toi, mon cher et grand ami,
Je dormirai toujours, grâce à …l'euthanasie.

Et s'il t'arrive un jour, de repenser à moi,
Ne verse pas de larmes, ne te prends pas d'émoi,
Pour toi, j'étais " qu'un chien ", tu préférais la mer,
Tu l'aurais su avant, j'aurai payé moins cher.

A vous tous les humains, j'adresse une prière,
Me tuer tout petit, aurait peiné ma mère,
Mais il eut mieux valu, pour moi, cette manière,
Et vous n'auriez pas eu, aujourd'hui, à le faire.

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Anonyme

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mardi 30 juin 2009

NEDA

neda_agha_soltan_

Neda Soltan avait 27 ans

Un message anonyme sur Twitter indique que Neda se trouvait sur l'avenue Karegar en compagnie de son père (en fait, il s'agissait de son professeur de piano, Hamid Panahi ), et de plusieurs de ses camarades, à Téhéran , quand, sortant de voiture, elle aurait été prise pour cible délibérée, mais sans mobile explicite autre que sa présence, par un tir attribué à la milice Bassidji, constituée d'hommes armés en civil et destinée à la répression intérieure. Une vidéo amateur non datée des derniers instants de la vie de Neda fut alors mise en ligne sur Facebook et YouTube , et se diffusa rapidement sur Internet. Les vidéos étaient accompagnées de ces lignes, par la suite attribués au docteur Arash Hejazi (un témoin contre lequel les autorités iraniennes ont lancé, le 1 juillet 2009, un mandat d'arrêt international ), décrivant les circonstances de la mort :

"À 19 h 05 le 20 juin, sur l'avenue Karegar, au carrefour entre les rues Khosravi et Salehi. Une jeune femme qui marchait au côté de son père et regardait la manifestation fut tuée, apparemment par un membre Bassidji caché sur le toit d'une maison. Il avait une vue dégagée et ne pouvait pas la manquer. Cependant, il visa directement au cœur. Je suis docteur et je me suis précipité pour essayer de la sauver. Mais l'impact de la balle était si intense que la balle avait explosé dans sa poitrine, et elle mourut en moins de deux minutes. Les manifestations étaient à environ un kilomètre dans une rue voisine et une partie de la foule courait en direction de la rue Salehi, à cause des gaz envoyés contre eux. La vidéo a été enregistrée par un ami qui était à mes côtés. Je vous en prie, faites en sorte que le monde le sache."

.

(....)

Un jour, nous retrouverons nos pigeons.
Et la gentillesse prendra par la main la beauté.
Le jour où le plus humble des hymnes sera un baiser.
Et chaque être, un frère pour chaque être.
Le jour où les gens ne fermeront plus les portes de leurs maisons.
La serrure sera une légende, et pour vivre : le cœur suffisant
Le jour où chaque parole signifiera aimer,
Afin que tu ne cherches plus le mot dernier.
Le jour où la musique de chaque parole sera la vie.
Pour que je ne saigne plus à chercher
La dernière rime au dernier poème.
Le jour où sur chaque lèvre il y aura une mélodie.
Pour que le plus humble hymne soit un baiser.
Le jour où tu viendras
Où tu viendras pour toujours.
Et la gentillesse sera confondue avec la beauté.
Le jour où nous parsèmerons des grains pour nos pigeons
Et j'attends ce jour.
Même si ce jour-là,
Je ne serai plus ...

.

AHMAD  SHAMLOU

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lundi 29 juin 2009

LA CHIENNE ET SES DIX CHIOTS

Port_e


Sous la ramée de myrtes en fleurs et odorante, j'ai découvert une portée de dix petits chiots. J'ai aussi appris que la mère, depuis plus d'un mois, les allaitait. Ils s'éveillent aux jours et à la vie sur un tapis d’herbes couchées, de chaumes blondes étendus de sommeil et lissés de caresses.

Dans l’ombre et la fraîcheur matutinales, il règne au sein de cet abri une douce et tendre chaleur maternelle au goût du lait de printemps, partagée par la grande fratrie et bue aux mamelles généreuses de la mère qui se livre de toute son oblongue maigreur; elle donne, elle prodigue ces philtres d’amour essentiels et précieux liant entre eux des songes d'existences cachés sur la terre. J'ai partagé un moment l'intimité de leur cache, à même le sol humide et l'humus.

Le soleil se faufile entre le lentisque et le myrte, distillant le parfum suave de milliers de pétales. Chaque corolle tombe, averse de pistils innombrables qui s’étirent en instants d’aube, en rais de lumières blanches comme les racines du ciel dès le lever du soleil.

Des galeries sillonnent allègrement, le bosquet rafraîchi, labyrinthe sauvage et familier déjà investi par les jeux insouciants de ces petites créatures cocasses et joyeuses, s’amusant à se cacher ou à s’effrayer d'un rien.

Je découvre ici l’ébauche dépouillée d’un bonheur éternel auquel on voudrait encore croire. Mais peu à peu, la tristesse des heures qui leur sont maintenant comptées gagne et emplit mes yeux embués, mon regard ému de compagnon du hasard; je m’attends au pire en ce matin du monde aux goûts amers des humanités multiples et aveugles qui vont les condamner à jamais, à partir.

L’été dernier, la mère avait été abandonnée aux seuils de l’opulence et de l’épure savante parties en convalescence de longues maladies urbaines… Au milieu de la foule et des concentrations d’automobiles, le criminel s’est défait de son fardeau dans l’abject fatras des vacances ensoleillées et d'une frénésie d’instants grignotés, que seules la mort et la lâcheté consomment à petit feu au bord des routes, sur le quais des ports, enfin là où il est aisé de se cacher pour y perpétrer les forfaits de l'enfer ...

Fille- Mère de l’errance, semblable à toutes les délaissées, la chienne porte toujours dans le regard la reconnaissance de tout ce qui fut bon pour elle, ayant oublié des hommes leur traîtrise au cœur insensé de pierre.

Elle erre depuis avec les mois, de maisons en voitures, devant les tables garnies de victuailles aux soirs d’abondance et s’en rentre à la tombée du jour abreuver la portée du nectar des cieux au bord de la mer. Et quand elle a honoré sa voie, comblé sa noble et belle légende, quand les petits sont rassasiés, elle veille allongée, délivrée, sûrement heureuse sur leurs ébats à l'entrée du foyer verdoyant, à l'orée de la nuit.

Une année s’est écoulée, la saison approche ; il est des bonnes âmes qui viennent, aux mimiques compassées, s’attendrir auprès des petits chiens " sdf ", qui les prennent à la journée avec eux sur la plage, pour un caprice d’adulte de plus, puis les reposent dans leur niche naturelle le soir venu ; la mère s’occupe de sa progéniture, les chiots sont propres et sains, leur pelage est  lustré, peigné  d’attentions attendrissantes. Ils se montrent alertes et pleins de cautèle au détour du buisson, au bord du moindre danger... Ils amusent et distraient les cours citadines expatriées!


Les propos décousus et sans suite fusent et se perdent en prétéritions.

" C'est rassurant, on peut alors repartir tranquille...", nous confie - t- on !

Deux élus auront la vie sauve. Pour le premier, il aura fallu toute la sensibilité et l’affection non verbales, répandues en gestes universels de maman pour vaincre les réticences et gagner enfin la compassion d’un époux à la faveur d’un enfant enclin à tous les partages.

Le second est adopté immédiatement par un jeune saisonnier embauché sur le site,qui fond en larmes!

C’est ainsi que les jours vont, sans crainte des lendemains sombres et spasmodiques de la faim, de la souffrance jusqu'au bout de la cruauté. Dans bien des endroits, le chien n’est considéré qu’en ligne de mire des deux canons superposés du fusil criminel, des canons juxtaposés de la bêtise et du sang! Il pèse son lot de gibiers rapportés le dimanche, remportant dans le devoir consenti et quelques jours d’ébats sanglants, de brèves cavalcades de libertés mesurées, loin de la niche en tôle chauffée à blanc et des dizaines de maillons de chaîne raccourcie.

Ce matin, après maints tracas et soucis, il faut décider vite du sort de la famille très nombreuse et de la mère. Le temps presse, les dangers se multiplient aux portes de l’été, elle s’affaiblit, nourrie avec parcimonie ou de temps à autres au bon vouloir d’âmes rares et sensibles. les chiots vont s'éloigner, se perdre alentours. Voués à la mort certaine, par balle ou d’épuisement, de soif ou écrasés sur les routes encombrées de la saison, ces petits chiens, devenus vite adultes seront livrés à eux –mêmes, aux seuls larcins près des ordures et sauvagement réprimés dans les hauts lieux de l’aisance saisonnière où vient mourir un peu plus la mer à chaque marée .

L’adoption est aléatoire, incertaine, les vacances ne s’y prêtent pas - elle sont aux désespoirs de l'animal - et on ne sait s’il sera possible de trouver une famille d’accueil pour chaque chiot.

Une décision, dure et affligeante s'impose à nous, l’euthanasie ! La mère sera stérilisée et remise à l’errance en ces lieux qui lui sont familiers. Je viendrai la voir et la nourrir aussi. Elle est si bonne et me rappelle une autre chienne que nous avions adoptée il y plus de dix ans, après qu'on lui eût brisé la patte d'un coup terrible de chevrotine. Elle a vécu amputée de sa patte arrière au milieux des enfants et de nombreux amis chats, avant de s'éteindre des suites de sa mortelle blessure...

Mais pour tous ces petits êtres qui tout à l’heure ne seront plus, arrachés à leur bonheur de fourrures, de chair et de sang mêlés, d’affection léchée et débordante, je ne peux plus contenir mon sanglot ; il m’emporte et me fait mal, plus mal que la mort, aussi mal que la souffrance de l’enfant mal nourri et que la vie injustement déshéritée. Les inactifs railleront l'accès déplacé de sensiblerie ou d'état d'âme! C'est sans importance...

Au petit matin, je les ai retrouvés, ils sont venus un à un autour de moi, il m’ont caressé de tout leur petit museau plissé qui n'aura pu que téter et glapir, reconnaître ce qui est bon; ils m’ont entouré, ceint d’amitiés originelles et de toutes les confiances gratifiantes de l'humilité. Je demeure dans la tanière, accroupi ou à genoux, le front contre terre, dans l’innocence impossible de nos âges adultes, de notre temps avare et sélectif, trop souvent compulsif. Je n’ose plus un geste, il faut se rendre à l’évidence, cette situation suppure et nous revient de l’acte vil d’un abandon ; elle se dégrade et se répand comme la pandémie et la famine.

Quelques minutes plus tard, la petite camionnette que je conduis au vétérinaire abrite la moitié tremblée de la fratrie blottie au creux des sièges et des tissus où ils retrouvent ensemble un peu de douceur.Il me semble conduire un corbillard aux rideaux baissés sur toutes les forfaitures salissant cet instant de calvaire, je sens peser sur moi les vertiges et la meurtrissure silencieuse de la trahison . Je les emporte ailleurs, ils sont déjà dans mon chagrin et ma peine. Je suis talé, meurtri. Je vois mal la route, je n’entends plus les moteurs, ma peine s’est emballée et leur frisson est maintenant celui du ciel ; le sentent-ils ? Je ne vois pas la différence qu’il pourrait y avoir entre ces petits chiots et le fils de l’homme et quand bien même, il y en aurait, cela changerait-il quelque chose? Ce sont des vies qui veulent vivre parmi d'autres vies!!! Elles ont été mises sur ma route pour qu'elles ne rencontrent pas les affres et les cotissures de la déshérence animale.

Mais je sais qu’au milieu de ces milliers d’êtres humains venus goûter aux plaisirs, aux joies estivales de la nature, au plus profond de l’hiver, il en est un qui incline le cœur sur le devenir barré de ces dix petits destins d’existence aux allures sordides de géhennes. Il en est un, qui avec tant d’autres, récusent au quotidien l’empire de la souffrance et l’emprise insoutenable de la maltraitance aux portes de l’excès et des indifférences.

Les refuges débordent et refusent de nouvelles entrées d’animaux, les associations sont débordées et leurs responsables s'effondrent devant la consternante réalité. Il faut arrêter le cours maudit de l’infortune animale, c’est aussi à ce prix que l’on entreverra peut-être la fin de toutes les blessures du monde.

Aujourd’hui, je suis triste, demain, il me faut trouver le courage d’aller chercher les autres petits enfants du maquis. Je ne serai pas tout seul, j'emporterai avec moi la mère de ces lutins, de ses peluches animées de joies afin que plus jamais elle n'enfante l'inutile aux royaumes asservis et aveugles des  hommes. Je sais que j’aurai mal, mal aux gens et aux mondes de ces siècles qui infusent de partout l’opprobre et la pourriture, qui se vautrent et se cachent derrière les artifices bas et déplorablement mortels de la matière commuée en crise de billets, en ferrailles et en béton, jalousement gardés comme les petits privilèges de nantis au bord de l'eau bleue.



La misère comme la souffrance sont sans frontières, elle frappent aux cages des hommes et des animaux qui ne peuvent la discuter!

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CRISTIAN-GEORGES  CAMPAGNAC

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NB , je n'ai pas gravé cette scène admirable de vies maternelles, j'en garde au fond de moi la profonde blessure. La photo de l'article est tirée des archives du web images.

Nous avons 25 chats, dont les 3/4 ont été stérilisés et deux chiens adoptés. A chaque fois que l'occasion se présente, nous contactons les Associations afin d'obtenir une aide remarquable.

Mais le plus dur reste l'état déplorable de certains agissements de nos congénères humains, de ces mœurs qui nous plongent au fond du trou et contre les quels nous ne pouvons rien si ce n'est le talion!!!






Posté par emmila à 20:49 - " Colères..." - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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