lundi 27 octobre 2008

LE BLEU DES RONCES....Extrait

À quoi pense l’enfant quand il est à l’école ? Au hérisson, à la grenouille des jardins, aux sentiers de collines sous ses jambes de chèvre, aux baisers de sa mère, aux pains au chocolat. Et la voix de son père quelque fois en écho. Il pense que demain il sera capitaine, et fabrique en cachette des voiles en papier. Il ouvre des fenêtres aux pages des cahiers où passent des couleurs, la figue sucre mauve des chapardes d’été, l’orange des argiles pour les statues d’une heure, l’ivoire poli doux des cailloux de rivière, et ce bleu de... [Lire la suite]
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samedi 25 octobre 2008

ELLE REPONDIT

Grand-Ma, pourquoi tu dis que l'argent n'est rien ?Elle répondit,Demande-toi ce qui est juste, demande-toi où est la vie.Sans les végétaux qui t'équilibrent, tu ne peux vivreSans le minéral qui te porte, tu ne peux vivreSans l'eau qui te renouvelle, tu ne peux vivreSans l'air qui te régénère, tu ne peux vivreSans la graine qui te nourrit, tu ne peux vivreSans le germe dans une ovule, tu ne peux vivreSans l'animal tu ne saurais le plus haut partageSans le soleil tu t'éteindrais,Sans le sommeil, tu t'épuiseraisSans l'espoir tu... [Lire la suite]
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jeudi 9 octobre 2008

AINSI

Grand-ma, Dieu existe-t-il ?L'enfant jouait dans un carré d'herbe. Elle laissa le linge mouillé dans le panier, à côté des épingles, ramassa le boomerang, et le lança. La force de son poignet était étonnante. Le ciel était si net contre la terre que la ligne d'horizon ressemblait à la pliure d'une carte postale.On entendit un sifflement, puis une vibration, l'aile revenait, puissante et précise, au point même de son départ. Grand-ma la remit  dans l'herbe et posa sa main, la même qui avait lancé le boomerang, sur la tête de... [Lire la suite]
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jeudi 9 octobre 2008

PEU

Ils ne chantent pas, libres et légers, de la source à la mer. Ne laissent pas leurs angles s'arrondir. Ne font pas de chlorophylle. N'ont aucun geste d'aile au bout de leurs moignons. Ils choisissent le gris, expulsent l'arc-en-ciel, alignent des règles et des murs, nivellent le regard. Ils refusent leur terre à la graine qui passe. Ne fertilisent que leurs désirs. Ne font ni fleur ni miel gratuitement. Ne donnent rien à respirer. Mais pensent. Avec cela ils vendent des armes et leurs frères. Achètent leurs conduites avec des papiers... [Lire la suite]
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samedi 20 septembre 2008

C'EST UN JARDIN

C’est un jardin de cotonnade blanche, un amandier à l’autel de l’hiver. Miette de mésange aux nappes des nuages, elle écrit tout, dit tout, en rangées de phrases qui font des vagues sur sa mer. C’est une fille d’eau, de graines d’arbres, de gestes en liberté. Une maison de chemin qui place le portail au beau milieu d’ailleurs. La chaleur de ses mains apaise les douleurs. Sur la rouille des fils, dans les points de clarté, elle touche la joie et ramène la braise. Elle a des yeux de louve qui profondent la nuit. Et le crépitement qui... [Lire la suite]
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samedi 20 septembre 2008

VENT DEBOUT

Elle navigue au près. Loin des voisinages, des remous verbeux. Elle évite les ports de jolies coques, les régates et les routes à trophées. Elle va vent debout sur la puissance d'eau, gîte vers le soleil sans tirer de bords. La lumière pour sextant elle se méfie des fausses traces de sel. Elle ne bat jamais pavillon. On la croise parfois dans une crique calme. On la reconnaît à son silence d'observance. On dit qu'elle connaît la baleine blanche, le vertu des algues, la force des vents. Qu'elle dort dans les bras d'un sauvage. Mais on... [Lire la suite]
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samedi 2 août 2008

PAROLE ROUGE

Parole rouge, rauque. Pas un oiseau bagué, pas une viande en trop. Les mocassins n'ont jamais altéré, le sol, le ciel. Le totem est debout, chevillé au vivant. Des racines monte la langue de la terre, la parole brûlée. Je la nomme. Je dénonce qui l'a volée, démembrée, décimée. Qui, d'argent en pouvoirs, vend, déracine, tue. Je hurle de dégoût devant le dieu monnaie, le dieu consommation, ces fabricants d'esclaves. Finirons-nous en larves devant des écrans morts, en estomacs sans faim, en cerveaux inutiles, en désirs sans amour,... [Lire la suite]
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mardi 10 juin 2008

DE CELA

Découvrez Sainkho Namtchylak! Je veux parler juste. Ma parole de femme. Le jour un peu moins lourd, les paupières moins lasses. Porter la cruche à deux, quatre mains pour puiser. Pailles et poutres jetées. Je n’ai qu'aimer, des sandales vieilles, quelques mots de papier. Passante qui va son attention de la femme nouée à la femme tranquille, les racines réparent la colère des hyènes après les derniers cris. Plus haut que mensonges et joutes de phrases, une matière droite maintient debout, encore même après tout passage.... [Lire la suite]
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mardi 10 juin 2008

COUPABLE

Coupable. Coupable d’aimer plus que raison. D’attendre chaque jour une voix, une lettre, et cet oiseau sur le rebord de ma fenêtre. Coupable de soleil au milieu de la nuit, et de rêves plus hauts, plus grands que l’insomnie. Loin de l’austérité qui fige la photo, coupable de livrer un automne brûlant et quinze ans chaque année. De cerises aux pommiers, de baisers sous la pluie, de silences à rougir, pieds nus sur les rires de verre, coupable. Coupable de désirs à réveiller le monde. ILE ENIGER     Il n’y aura... [Lire la suite]
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mardi 10 juin 2008

C'EST

C'est un chemin de moi à moi, j'ai cru longtemps qu'il fallait quelqu'un d'autre. C'est un printemps derrièreDes saisons d'usinage et des mains de fabriqueDes ablais pour le painL'abée qui porte l'eau vers sa dernière crueDes mots qui suent, sifflotentBuissonniers et solidesC'est le centre des joies sur les trois-quarts du filL'errance d'un temps qui sait prendre le sienUne histoire d'hier encore aujourd'huiLa seconde séduiteLa montagne vieille recouverte de cielLes pas de jeune chèvreLa veilleuse d'étoilesUn paysLa plus... [Lire la suite]
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