dimanche 1 octobre 2017

COLETTE GIBELIN...Extrait

Automne admirable et trompeur Fête folle des couleurs Comme si la terre était pétrie de joie et d’or Les oiseaux s’en vont vers ailleurs Ils ont bien tort Le monde est superbe et fragile Cette beauté qui s’éparpille me fait un peu peur Le ciel est un palais de mille fleurs Il faut aimer chaque seconde Vivre est miracle provisoire emporté par le vent . . . COLETTE GIBELIN . . . Oeuvre Pierre Bonnard

dimanche 10 septembre 2017

MEMOIRES SANS VISAGES & AUTRES TEXTES...extrait

J’ai les yeux hagards d’avoir trop regardé les soleils tristes des déserts Et j’ai roulé dans une détresse de chardons Le port, je le refuse Si j’ai mené les barques noires sous la lune, c’était par pur délire de naufrage Rien n’a sombré, que moi-même, et ce centre brûlant du vide, sphère de vent, géologie morbide J’ai les stigmates de l’absence, je me cherche dans les varechs, dans les cactus, les ammonites et le gypse Quel geste me rendra le jeu de vivre parmi les coquelicots fragiles Et les rires ?   .     ... [Lire la suite]
lundi 3 juillet 2017

SOUFFLES ET SONGES...Extrait

... Lancinant,  le cri des mouettes nous traverse comme un reproche Nous avons vécu des années de poussière sans retenir la leçon des tempêtes Le temps s’est évaporé, la plage est vide Si peu de mots pour construire la vie Le cri des mouettes, lancinant, dénonce les renoncements,  la passivité des miroirs Nous avons laissé nos couteaux au vestiaire Il fallait brasser sans relâche la boue, extraire l’or, et scintiller Il fallait mettre le rêve en mouvement Il fallait Mais nous avons si peu rêvé Déchirant, Le cri des mouettes... [Lire la suite]
lundi 26 juin 2017

SOUFFLES ET SONGES...Extrait

L’air m’enveloppe, me berce comme l’eau maternelle douce et sauvage au fond du rêve Je suis sans nom Aigle et poisson dans la tentation du vide et le bouillonnement des choses… Pierre dissoute Liquéfiée dans le vent Le solide n’a plus de base Plus de mémoire Éclatement Pierre torche dans le bouillonnement du monde… Le poème est un court-circuit qui porte l’incendie jusqu’au cœur de nos plus lourds sommeils Rapt et ravissement Il fonce, rapace au bec de braise, sur la vie léthargique…   .     ... [Lire la suite]
jeudi 27 avril 2017

MEMOIRES SANS VISAGES & AUTRES TEXTES

La terre est brune, et le pied s'y imprime Cercueil de vent, chaque pas mène à l'autre Dans les feuilles Ton visage défiguré mime Un autre soleil J'ai tiré le rideau sur les grimaces du printemps Trop de boue, Trop de vent, et j'ai perdu la trace J'avance, dans les gifles des fleurs, Peut-être à reculons Là-bas, c'est sans doute l'été? Tu disais: le feu pur La terre est rouge, et le pied la possède Et tu disais: les grands vols d'oiseaux fous Mais le ciel pèse lourd, ton visage se fige Et le soleil a mis le masque de la mort  ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 14:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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vendredi 14 avril 2017

COLETTE GIBELIN...Extrait

Nous cherchons ce lieu de vertige où les rumeurs de la vie s’irisent de lumière, ce lieu de nulle part, oiseau fulgurant et avide, étrange et mauve, aux ailes déployées vers l’absence et le rêve. Chasseurs entêtés de l’ailleurs, nous flottons, îles de solitude au-dessus des grands fonds où grouillent tant de présences que le regard évite. Ici, le monde est plein. Le monde craque, éclate, pourrit. Le monde étincelle et jaillit. Ici. Le silence nous lance le cri des fontaines. Ici. Nous ne l’entendons pas,insensés que nous sommes,... [Lire la suite]

jeudi 30 mars 2017

COLETTE GIBELIN...Extrait

Le monde est éblouissant et insaisissable Il passe de mains en mains, s'échappe, oiseau de feu et de glace mêlés Ses mille visages se confondent Ta voix de tambour ou mon clavecin Mes cerisiers, ou tes pommes cannelle Mille éclats de couleurs, cristal brisé, transparences perdues et regagnées Tu prends mon deuil et m'offres la lumière en ses moissons de ciel Je porte ta souffrance et te donne ma joie conquise sur l'effroi Le monde, mon ami, C'est toi, c'est moi, Même regard d'aubes froissées, Même ténacité De toute nuit faire... [Lire la suite]
dimanche 12 mars 2017

VIVANTE PIERRE FRICHES no 71...Extrait

Nuit de Sisyphe, sans halte, sans recours Il n’y a pas d’aurore éclatante et fragile Juste cette fatigue et l’habitude du naufrage Mais l’étincelle, la sauvage, la brusque, nous la portons en nous, malgré nous, plus tenace que les désastres Envole-toi, Sisyphe, Un feu déjà se prépare La nuit, la nuit éclatera comme une graine prête à de nouveaux départs   .   COLETTE GIBELIN   .     Photographie Laureos  
dimanche 12 mars 2017

HÔTEL DES VOYAGEURS

Hôtel des voyageurs La fenêtre ouvre sur le ciel Bleu soleil, renversant On y lit le vertige, et la fascination des blancs bateaux glissant dans la lumière Dedans est l’espace du cœur, l’intime centre de la vie, peut-être le bonheur Nous habitons cette chambre furtive, lieu d’étreintes sans lendemains Dehors est l’inconnu L’amour est dérisoire, face à la mer, souveraine et brutale avec tous ses pillards Elle entre en toi, te déchiquette La mer, pourvoyeuse de désespoir La chambre rétrécit L’espace du recueillement s’étiole Jusqu’au... [Lire la suite]
dimanche 12 mars 2017

SOUFFLES ET SONGES...Extrait

Lumières d’octobre comme un bonheur inespéré déployant ses filets un félin assoiffé qui voit venir l’hiver Oh ! les feulements du vent quand les temps se renversent Soleils d’octobre illuminant le ciel entre deux averses La vie est douce, et lente, et douloureuse Le présent bat le rythme Cœur d’espace et de transparence La beauté souveraine rayonne en sa fragilité Nous n’avons rien à dire sinon cette caresse de lumière . . . COLETTE GIBELIN . . .