samedi 12 septembre 2009
LE PAROXYSME SEUL....Extrait
Ecoute
J'atteins de nouveau l'instant nul où l'avant et l'après s'anéantissent,
Foudroyés
Des grains de mimosas m'éclaboussent dans l'ombre
Je n'ai rien à t'apprendre
Je ne dure pas
Je ne perpétue que le défi de chaque seconde
Ne dis rien
Le présent est ce plaisir absolu de n'avoir pas de lendemain
Précédé de rien
Suivi de rien
Total
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COLETTE GIBELIN
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Oeuvre Marc Chagall
lundi 24 août 2009
FLUCTUATIONS...Extrait
Inspire
L’univers entre en toi avec ses printemps éphémères,
ses fièvres éblouissantes
Tu respires l’odeur envahissante
du thym sauvage
des souvenirs ramassés sur la plage
Tu bois le lait de vie
Ouvre la fenêtre
Il n’y a plus de dedans, de dehors
Seul, ce présent d’éclair et de surgissement,
Cette hâte d’aimer et de connaître
Tant de messages, de caresses,
d’écorchures
Tant de promesses nous traversent
Le monde extérieur maintenant te pénètre
Les sons ruissellent
Les odeurs pétillent
Respire le réel,
Il t’appartient et tu lui appartiens
Ouvre la fenêtre
Que le souffle s’engouffre dans l’embrasure
Agrandis l’orifice
Interstices, fêlures, lézardes,
agrandis les
Déchire, lacère, brise et broie tes prisons
Creuse des trous dans la muraille
Perfore l’indifférence et la résignation
Ouvre toutes les fenêtres, toutes les portes
Le vent t’appelle
vers des clartés insoupçonnées
Ose franchir le seuil
Approche toi de l’au-delà
sans précautions
Ferme la fenêtre
La menace est partout
dans le manque et l’incertitude
dans la présence et dans la solitude
Nous sommes fissures, gerçures, et déchirures
Où donc est le secret
qui ouvrirait la voie du vrai ?
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COLETTE GIBELIN
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UN SI LONG PARCOURS...Extrait
Désormais je consens, que la lumière soit le souffle pur
qui transfigure toute ruine et rédime le monde,
et que la nuit revienne, pourtant.
D’un dernier mouvement j’apaise ma révolte.
J’accepte l’instant nu.
Geste essentiel, éclatement solaire,
et que mes mots soient des fissures, où la vie se fragmente.
Ombres et lumières.
Un visage soudain traversé d’émotion, une envolée peut-être?
Puis la chute, brutale, dans le vide obscur, et nos regards dépossédés que le réel
submerge.
J’accepte la fracture, puisqu’il le faut, et la beauté criblée du monde. En un long
chant du cygne je berce mes refus, prunes sauvages, soubresauts renoncés de la trompeuse
éternité.
Je consens le partage, et l’équivoque,
et les parfums qui s’éparpillent.
Je tairai désormais la fureur, et la soif jamais étanchée, de l’absolu.
J’accepte enfin de vivre.
Mais c’est vieillir, je sais.
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COLETTE GIBELIN
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Oeuvre Marc Chagall
SOUFFLES ET SONGES...Extrait
Ainsi que des faucons s’accouplant en plein vol,
arrimés à l’amour,
quelques fois à la haine
Perdus dans les hauteurs
et refusant d’un geste vaste
la pesanteur et ses limites
Ainsi que des rêveurs en quête de réel,
explorateurs d’espace
et de franchissement
dans tous les lieux du dire,
par le rythme et le souffle
Passagers clandestins,
cachant nos désirs d’absolu par peur des dieux jaloux
nous errons et planons
ballotés d’amours en refus
d’espoirs fugaces en douleurs provisoires
cherchant des points d’ancrage
dans les sables mouvants
Ainsi que de grands fauves
En manque de tendresse
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COLETTE GIBELIN
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Oeil de faucon









