mardi 14 juillet 2009
SAVOIR ATTENDRE
Il faut savoir attendre,
attends le flux de la marée,
- comme une barque sur le rivage -,
sans que le départ t'inquiète.
Quiconque attend
sait que la victoire est à lui ;
car la vie est longue et l'art est un jouet.
Et si la vie est courte
et si la mer n'arrive à ta galère
attends sans partir et espère toujours,
car l'art est long et, d'ailleurs,
c'est sans importance.
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ANTONIO MACHADO
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mardi 5 février 2008
CHAMPS DE CASTILLE
Un jour tu la verras,
dit l'espérance,
si tu sais espérer.
Et la désespérance :
elle n'est rien
que ta souffrance.
Et le cœur bat…
La terre n'a pas
tout emporté...
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ANTONIO MACHADO
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PROVERBES ET CHANSONS
Tout passe
et tout demeure
Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins
Des chemins sur la mer
Voyageur, le chemin
sont les traces de tes pas
c'est tout ; voyageur
il n'y a pas de chemin,
le chemin se fait en marchant.
Le chemin se fait en marchant
et quand on tourne les yeux en arrière
on voit le sentier que jamais
on ne doit à nouveau fouler.
Voyageur, il n'est pas de chemin,
rien que des sillages sur la mer.
Conseils
Il faut savoir attendre,
attends le flux de la marée,
- comme une barque sur le rivage -,
sans que le départ t'inquiète.
Quiconque attend
sait que la victoire est à lui ;
car la vie est longue et l'art est un jouet.
Et si la vie est courte
et si la mer n'arrive à ta galère
attends sans partir et espère toujours,
car l'art est long et, d'ailleurs,
c'est sans importance.
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ANTONIO MACHADO
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ODILON REDON
MACHADO.... Extrait
Et quand viendra le jour du dernier voyage,
quand partira la nef qui jamais ne revient,
vous me verrez à bord, et mon maigre bagage,
quasiment nu, comme les enfants de la mer.
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ANTONIO MACHADO
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vendredi 9 novembre 2007
ANTONIO MACHADO
Jamais je n'ai cherché la gloire
Ni voulu dans la mémoire
des hommes
Laisser mes chansons
Mais j'aime les mondes subtiles
Aériens et délicats
Comme des bulles de savon.
J'aime les voir s'envoler,
Se colorer de soleil et de pourpre,
Voler sous le ciel bleu, subitement trembler,
Puis éclater.
A demander ce que tu sais
Tu ne dois pas perdre ton temps
Et à des questions sans réponse
Qui donc pourrait te répondre?
Chantez en coeur avec moi:
Savoir? Nous ne savons rien
Venus d'une mer de mystère
Vers une mer inconnue nous allons
Et entre les deux mystères
Règne la grave énigme
Une clef inconnue ferme les trois coffres
Le savant n'enseigne rien, lumière n'éclaire pas
Que disent les mots?
Et que dit l'eau du rocher?
Voyageur, le chemin
C'est les traces de tes pas
C'est tout; voyageur,
il n'y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler
Voyageur! Il n'y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer.
Tout passe et tout demeure
Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins
Des chemins sur la mer
vendredi 26 octobre 2007
EXTRAIT...
« Je m’en vais rêvant par les chemins
Du soir. Les collines
Dorées, les pins verts,
Les chênes poussiéreux !...
Où peut-il aller, ce chemin ?
Je m’en vais chantant, voyageur
Le long du sentier…
? Le jour s’incline lentement.
“Dans mon cœur était plantée
L’épine d’une passion ;
Un jour j’ai pu me l’arracher :
Je ne sens plus mon cœur.”
Et toute la campagne un instant
Demeure, muette et sombre,
Pour méditer. Le vent retentit
Dans les peupliers de la rivière.
Mais le soir s’obscurcit encore ;
Et le chemin qui tourne, tourne,
Et blanchit doucement,
Se trouble et disparaît.
Mon chant recommence à pleurer :
“Epine pointue et dorée,
Ah ! si je pouvais te sentir
Dedans mon cœur clouée.” »
ANTONIO MACHADO
dimanche 2 septembre 2007
ON LE VIT MARCHANT ENTRE LES FUSILS...
ANTONIO MACHADO
Le crime eut lieu à Grenade ...
Par une longue rue
Qui donnait sur la campagne froide
de l'aube, encore sous les étoiles.
Ils tuèrent Federico
Alors que pointait la lumière.
Le peloton de bourreaux
N'osa pas le regarder au visage.
Tous fermèrent les yeux ;
Ils prièrent...Dieu lui-même ne te sauverait pas...
-
Federico tomba mort
- du sang sur le front, du plomb dans les entrailles -
... C'est à Grenade que le crime eut lieu,
Vous savez - pauvre Grenade ! - dans sa Grenade !
[...]
On les vit s'éloigner...
Taillez, amis,
Dans la pierre et le rêve, à l'Alhambra,
Une tombe au poète,
Sur une fontaine, où l'eau pleure,
et, éternellement dise : sa Grenade
.












