mercredi 28 décembre 2016

QUARTZ...Extrait

Je coule du haut vers le bas. L’accident, c’est le jour improbable qui devient une certitude pour la chair. Un corps amoindri sait la carence impitoyable. Le cerveau continue cependant à courtiser la part manquante. Qui s’installe dans la place vide ? Longtemps des membres fantômes ont baigné dans le sang qui me parcourt, véhiculant l’illusion jusqu’aux racines de mon être. Se défaire de soi nécessite la juste reconnaissance de l’impossible et de l’irréalisable. J’ai tenu entre mes mains le halo de conscience qui fait chavirer le... [Lire la suite]

jeudi 15 décembre 2016

BRUNO ODILE

Nos souffles sont restés dans l’abandon. Des brises lames s’enfoncent dans la cornée des heures mortes. Je suis estomaqué de voir combien le temps se limite parfois à la seule pensée qui m’occupe. Ta silhouette tabanège (1) à l’intérieur de mes rêves, tu es l’Arlésienne dans la fugue, tu es le sanquet (2) recueilli pour la marinade confectionnée par l’émotion. Tu fais la cabucelle (3) et le parfum du thym placarde les parois de ma mémoire. Qui du senti ou de la pensée précède l’autre ? Il n’y a pas de mesure pour exprimer ce... [Lire la suite]
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lundi 10 octobre 2016

LE SOLEIL NOUS A BLESSES

L’écorchure a atteint le papier vierge. J’entends battre ton cœur sur le quai de la gare où tu m’attends. Tu flottes comme un chagrin à la recherche d’un câlin réconfortant. Les trains se succèdent dans la pénombre haletante, des bras et des jambes, un corps, un vertige, une matière assemblée et agile. Je ne peux te toucher.Les mots font trop de bruit. Trop de fracas de feuilles dans l’écriture. Je peins le vacarme aux couleurs de mon souffle. Mille étages de couleurs s’effondrent en avançant.Et si nous allions voir la lame qui... [Lire la suite]
jeudi 16 juin 2016

CE QUI SE MEURT PARLE PLUS FORT

" L’abandon se cambre de lui-même. Il nous offre sa face tactile et nous sommes rongés d’une corrida de gestes immobiles. Tout ce qui rompt avec la possession et le sentiment d’appartenance nous dépite. C’est la grande cascade de la mort qui ne se voit pas. L’engagement se débride et nous sommes contraints de nous en retourner seuls tout au fond de nos âmes. L’estocade trempe sa lame dans la nuit d’encre et t’écrire devient un râle, un entre-deux dans le creux de la fracture que je remplis de mots. Tu vois, il nous faut remplir, puis... [Lire la suite]
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mardi 7 juin 2016

SINGULIER, JE LE SUIS PAR DEFAILLANCE

La terre est fourbue de catastrophes, de famines, de guerres, de dominations très injustes, de mœurs sanguinaires, de répressions injustifiées, d’atrocités sans noms, et de quelques autres acraties belliqueuses.      Des moments de grandes lassitudes augmentent ma générosité à l’égard du vide. Des moments où je caresse l’idée affreuse de l’anonymat de mes propres souffles. Des tempos où tout n’est pas rose et où la joie a du souci à se faire.      Tout est surfait dans ce monde en panique.... [Lire la suite]
mercredi 20 avril 2016

BRUNO ODILE

L’incertitude de ce qui advient, malgré la détermination que nous avons à empoigner le réel pour le domestiquer, trahit les promesses d’existence à jamais perdues. L’impossibilité pour l’agir humain de plier le réel à ses seules volontés, nous contraint aux rêves et aux fantasmes. Quasiment jamais maître des événements, nous ne sommes plus propriétaires des aventures que nous vivons mais seulement du sens que nous leur donnons. Alors, nous apprenons, avec plus ou moins de réussite, à modifier nos désirs plutôt que l’ordre du monde.... [Lire la suite]

samedi 27 février 2016

REDUIS A ETRE CE QUE JE SUIS

Ici, je respire ce que j’expire ailleurs. L’orage a creusé des sillons d’eau et de branches qui vont rejoindre la mer. Ici, le néant n’en finit pas de dégorger ses noyaux d’éclairs.    Brûlent et refleurissent les fruits rouges de la terre. Cloaques de mots, des langues tombent dans la gamelle des sens mutants. Je ne suis pas certain d’être en lieu et place d’une rénovation cataclysmique.     Des sculptures explosent sous les rayons agressifs du soleil. Anéanties, elles s’immolent gentiment sur les stries... [Lire la suite]
dimanche 31 janvier 2016

LE SOUFFLE ET LA SEVE...Extrait

Ce matin, la vitalité de la beauté me communique son désir d’élévation. Feuilles d’automne tombées dans le miroir des saisons, je vous aime fringantes et craquantes lorsque le pas du marcheur vous écrase. La rosée toute nue s’adosse aux premières lueurs du jour et le mur sur lequel je m’appuie se repeint à la clarté des ombres traînantes. L’esthétisme a le goût des rencontres. Pour lui, la solitude n’est pas un lieu privilégié, au contraire elle s’accapare l’objet même du beau pour le couvrir de toutes nos zizanies intérieures.... [Lire la suite]
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dimanche 22 novembre 2015

N'AVOIR RIEN

Ne plus rien dire, ne plus souffler, ne plus être. Évidé. Des mots traînent dans la pendule Des joies cristallisées se souviennent d’elles-mêmes L’ardeur rompue, les giclées de sève molle durcies soudainement L’hiver a repris dans ses mailles gelées La lumière d’Août prisonnière de la glace Le teint halé, la peau à demi poêlée d’urgences chaudes Faire corps sans murmure et sans frisson Faire corps d’artichaut à la mauvaise saison Doux Août fané sous la plume de la dernière hirondelle       Ni fer, ni... [Lire la suite]
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lundi 4 mai 2015

RESONNANCES (4)

Heureux temps que le présent perpétuel. L’enfance s’y enroule comme une roue pas encore formatée par la rigueur de la morale et du bien séant. L’heure ensemence l’heure du plus pur murmure des fleurs. Le pas incertain ouvre des voies inconnues, il pleut des premières fois à foison. La nouveauté subjugue l’espace, catapulte l’obscurité que l’on croit revers de la blancheur. Nous marchons si souvent les yeux fermés qu’il nous arrive de traverser le feu sans même le voir. Comme cette eau oubliée dans le fond d’un baquet vieilli, nous... [Lire la suite]
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