dimanche 17 juin 2018

CHRISTIAN BOBIN...Extrait

Toujours ramener la vie à sa base, à ses nécessités premières : la faim, la soif, la poésie, l’attention au monde et aux gens. Il est possible que le monde moderne soit une sorte d’entreprise anonyme de destruction de nos forces vitales – sous le prétexte de les exalter. Il détruit notre capacité à être attentif, rêveur, lent, amoureux, notre capacité à faire des gestes gratuits, des gestes que nous ne comprenons pas. Il est possible que ce monde moderne, que nous avons fait surgir et qui nous échappe de plus en plus, soit une sorte... [Lire la suite]
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dimanche 24 décembre 2017

UNE PAIRE DE CHAUSSURES NEUVES...ENTRETIEN...Extrait

"Quant aux anges... ils ne viennent, quand ils viennent, que pour une seconde. Mieux vaut leur parler avec peu de mots pour avoir chance de se faire entendre. Et d'ailleurs quoi leur dire. Ils ne viennent pas en leur nom. Ils viennent au nom de la vie, ils nous apprennent quelque chose et à peine nous l'ont-ils apprise, cette chose , qu'ils repartent dans un tournoiement d'ailes.Les anges et les écrivains font le même métier, métier de plume, métier d'éclair. Mais là aussi prenons un exemple. Un exemple récent, vieux d'à peine deux... [Lire la suite]
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vendredi 16 juin 2017

LA LUMIERE DU MONDE

Jamais le monde n’a été aussi fort. Le terrorisme tel qu’on le connaît historiquement ne réussit qu’à renforcer le système qu’il prétend attaquer, bien que certains de ses membres aient pu avoir des têtes d’anges. Jamais la négation de l’âme n’a été aussi forte et tranquille. L’esprit n’est plus même nié, c’est plus sournois qu’une négation. Nous sommes comme des prisonniers dont le corps seul aurait le droit de sortir. L’âme va rester vingt-quatre heures sur vingt- quatre en prison : le reste, le clinquant, c’est seulement cela qui... [Lire la suite]
mercredi 3 août 2016

LE TRES BAS...Extrait

« La religion c'est ce qui relie et rien n'est plus religieux que la haine : elle rassemble les hommes en foule sous la puissance d'une idée ou d'un nom quand l'amour les délivre un à un par la faiblesse d'un visage ou d'une voix. (...) Il n'y a pas de terre sainte. C'est toute la terre qui est sainte, ou bien rien d'elle. » .   CHRISTIAN BOBIN   .            
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dimanche 31 juillet 2016

LE TRES BAS...Extrait

« Écoutons les bruits du monde à la fenêtre. Le bruit de l’or, le bruit de l’épée, le bruit des prières. Ceux qui comptent leurs sous derrière un rideau lourd. Ceux qui cuvent leur vin au fond de leur château. Ceux qui marmonnent sous la dentelle des anges. Le marchand, le guerrier et le prêtre. Ces trois-là se partagent le treizième siècle. Et puis il y a une autre classe. Elle est dans l’ombre, trop retirée en elle-même pour qu’aucune lumière puisse jamais l’y chercher. Elle est comme la matière première des trois autres. Les... [Lire la suite]
vendredi 22 janvier 2016

NOUS NE SOMMES PAS DES ANGES...COMME VOUS

Chez nous pas de prison. Nous avons, comme vous, nos assassins. Ils ne sont pas très nombreux, mais quand même, ils sont là. Mais de prison, aucune. Les pierres qui recouvrent nos chemins sont tranquilles. Elles savent que jamais nous ne leur ferons l’injure de les serrer l’une contre l’autre dans des hauts murs, pour séparer le jour de la nuit, l’homme de son frère. Je vous vois sourire. C’est le sourire de qui croit bien entendre et n’entend rien. Vous vous demandez ce que nous faisons de nos assassins, puisque nous ne les... [Lire la suite]

dimanche 14 décembre 2014

LA PLUS QUE VIVE...Extrait

A Vincia...   On peut donner bien des choses à ceux que l'on aime. Des paroles, un repos, du plaisir. Tu m'as donné le plus précieux de tout: le manque. Il m'était impossible de me passer de toi, même quand je te voyais tu me manquais encore. Ma maison mentale, ma maison de coeur était fermée à double tour. Tu as cassé les vitres et depuis l'air s'y engouffre, le glacé, le brûlant, et toutes sortes de clartés.       CHRISTIAN BOBIN                  
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mardi 26 novembre 2013

LA FOLLE ALLURE...Extrait

La légèreté, elle est partout, dans l’insolente fraîcheur des pluies d’été, sur les ailes d’un livre abandonné au bas d’un lit, dans la rumeur des cloches d’un monastère à l’heure des offices, une rumeur enfantine et vibrante, dans un prénom mille et mille fois murmuré comme on mâche un brin d'herbe, dans la fée d’une lumière au détour d’un virage sur les routes serpentines du Jura, dans la pauvreté tâtonnante des sonates de Schubert, dans la cérémonie de fermer lentement les volets le soir, dans une fine touche de bleu, bleu pâle,... [Lire la suite]
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jeudi 8 août 2013

LETTRES D'OR...Extrait

" C'est même chose que d'aimer ou d'écrire. C'est toujours se soumettre à la claire nudité d'un silence. C'est toujours s'effacer."   .   CHRISTIAN BOBIN   .   Oeuvre Mathieu Veemaels http://www.mathieuweemaels.be/  
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vendredi 28 juin 2013

CHRISTIAN BOBIN

J'ai vu la mort éteindre deux yeux couleur de mirabelle. Ces yeux étaient ceux d'un petit chat noir à la maigreur franciscaine, sorti de la forêt qui entoure la maison où j'écris. Deux années d'enchantement ont suivi sa venue avant que la mort mette la main sur ce joyau. Dans la dernière heure, son corps adopte une souplesse de poupée de chiffon, ses yeux tiennent un peu jusqu'à ce qu'une sidération les écarquille et que leur couleur mirabelle inonde le monde. Son étonnement est alors d'un vrai penseur qui sent que quelque chose est... [Lire la suite]
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